Ophelie Angeline, 25 ans, vit une situation très inquiétante. Enceinte de huit mois, elle est atteinte d’endométriose, maladie chronique provoquant de violentes douleurs au bas ventre, des règles abondantes et des pertes de connaissances régulières. D’autant plus que les risques de perdre son enfant dans sa condition sont bien plus élevés que la normale. La pandémie de coronavirus n’a fait qu’envenimer la conjoncture.

Enceinte de huit mois, Ophelie Angeline attendait des résultats cruciaux suite à des tests sanguins réalisés deux jours avant le début du confinement. Son médecin s’était inquiété du fait qu’elle ne prenait plus de poids et il avait envisagé son admission. Sauf que lorsque le confinement a été instauré, au téléphone, un préposé de l’hôpital lui a dit de ne pas s’y présenter car aucun médecin ne pourrait la recevoir. Elle ne connaît toujours pas les résultats de ses tests.

D’autres complications.

A cette situation déjà compliquée s’ajoute l’endométriose dont elle souffre depuis ses 20 ans. Une maladie chronique qui risque de rendre son accouchement compliqué. Ce moment, elle le redoute plus que tout. “C’est très stressant”, confie-t-elle. “Je crains que quelque chose ne tourne pas rond vue la façon dont les médecins m’avaient parlé lors de la prise de sang. J’ai aussi peur que mon bébé et moi ne contractions le virus à l’hôpital. Je suis attristée aussi car je ne pourrai pas recevoir de visites après l’accouchement.”

Pour faire face à l’endométriose, Ophelie Angeline a suivi un traitement délicat, dont une intervention. “En 2017, j’avais été opérée. On m’avait enlevé des boules de sang qui commençaient à atteindre d’autres organes. Du coup, si je dois faire une césarienne, les risques ne feront que s’accentuer.”

Douleurs extrêmes.

Cette maladie a bouleversé sa vie. “J’ai des douleurs très violentes pendant les règles mais également à d’autres moments. Quelquefois, c’est tellement extrême que je finis par m’évanouir. Quand ça me prend, je dois rester allongée. Les médicaments ne font pas vraiment eff et, je dois en prendre plus que de raison. Je suis un traitement aux hormones bien que j’en sois intolérante. Les médicaments provoquent chez moi beaucoup d’effets secondaires”. Une situation qui l’empêche de mener une vie normale et même de pouvoir contracter un emploi.

Il faut savoir qu’outre ces symptômes, l’endométriose peut également entraîner l’infertilité. “Les médecins m’avaient dit que je ne pourrais jamais enfanter”. Ayant pu tomber enceinte, Ophelie Angeline craint désormais que les évènements actuels ne mettent en péril son accouchement et ne brisent ses espoirs d’être mère.


L’endométriose

L’endométriose est une maladie gynécologique qui touche une femme sur dix. Elle se caractérise par le développement, hors de la cavité utérine, de tissu semblable à celui de la muqueuse de l’utérus appelée endomètre. Ces segments de muqueuse utérine suivent le rythme hormonal et produisent du sang tous les 28 jours. La femme souff re de règles abondantes et douloureuses, surtout vers le 3e ou 4e jour du cycle. C’est le symptôme le plus évocateur et le plus fréquent. Parfois, la douleur est moins typique dans sa date, sa durée, son apparition par rapport aux règles, son siège (qu’il soit pelvien, abdominal, lombaire), mais l’existence de douleurs est presque constante. Des douleurs pendant les rapports sexuels sont parfois retrouvées. Une infertilité est fréquemment associée.


Dispositions spéciales pour les accouchements

Contacté, le ministère de la Santé a précisé à Scope que toutes les dispositions ont été prises pour que les femmes enceintes puissent se rendre à leurs rendez-vous médicaux, tout en s’assurant qu’elles ne soient pas en contact avec d’autres personnes.