Mobilisés par Georges Ah-Yan, leader du Forum des Citoyens Libres, des parents d’enfants et des employés de l’Association d’hébergement pour les  Personnes Inadaptées (AHPI) se préparent à une grève de la faim. Cette démarche, finalisée vendredi dernier, vise à réclamer la réouverture des quatre centres résidentiels pour handicapés (adultes et enfants) gérés par l’AHPI. Ceux-ci ont été fermés depuis que le permis de Place of Safety leur a été enlevé par le ministère de l’Égalité des Genres, après l’arrestation d’un ex-assistant directeur pour abus sexuel sur un pensionnaire d’un des centres: le foyer Namasté. Réunis au centre social Marie-Reine de la Paix, de nombreux parents et des membres du personnel de l’association, au chômage depuis, ont, à l’issue d’une longue rencontre avec Georges Ah-Yan, décidé d’aller vers une grève de la faim, vendredi prochain. Ils se donneront rendez-vous au même centre social vers 11h, avant de marcher pour manifester contre la fermeture des centres et entamer leur grève de la faim. Toutefois, si les parents des pensionnaires et employés des quatre foyers ont accepté de manifester leur mécontentement par le biais d’une grève, cette démarche n’a pas été spontanée. Encouragés de manière subtile par le leader du FCL, ils ont finalement opté pour ce moyen de pression sur les autorités, plus précisément sur la ministre de l’Égalité des Genres, Mireille Martin. En effet, si a priori, parents et personnel concernés n’ont pas caché  leur indignation quant au déplacement de leurs enfants vers d’autres centres, ils ont, cependant, été plus ou moins hésitants à l’idée de s’engager dans une grève de la faim. Mais finalement, convaincus que ce mouvement pourrait sensibiliser l’opinion et les autorités, ils ont quitté la réunion de vendredi dernier décidés. « Vous devez prendre une décision aujourd’hui même (ndlr: vendredi dernier). Je ne suis pas là pour vous dire ce que vous avez à faire, mais pour vous conseiller (…). Vous dites que vous allez manifester, mais réfléchissez. Vous marcherez  pour manifester, et après? Que ce passera-t-il? », leur a demandé Georges Ah-Yan.  Ce dernier a aussi conseillé aux parents de se faire accompagner de leurs enfants: « Ainsi, vous interpellerez la ministre sur votre situation. Est-ce que c’est elle qui s’occupera de vos enfants? » Par ailleurs, les parents concernés disent soutenir le directeur et fondateur, Jean-Alain Antoine, suspendu de ses fonctions. Lequel participera aussi à la grève.
D’autre part, depuis le placement des ex-pensionnaires des foyers de l’AHPI dans d’autres centres résidentiels, Cindy Rémi n’a plus eu des nouvelles de sa soeur de 7 ans. Ses appels à la CDU, dit-elle, sont restés sans réponses. Aussi, pour les parents, le retrait des enfants par les autorités s’est avéré être un échec. L’hospitalisation de deux jeunes pensionnaires adultes et de deux enfants à l’hôpital psychiatrique est, selon eux, le résultat de l’incapacité des autres centres à les encadrer. Placé au Maharana Pratab Ashram de Belle-Mare, un jeune homme de 18 ans, épileptique et ex-pensionnaire du centre de Valetta, a fait une crise sévère et a été admis à la l’Intensive Care Unit de l’hôpital de Flacq. A l’ashram de Belle-Mare, la direction, qui affirme « obéir aux ordres du ministère de la Sécurité Sociale », s’est refusée à toute déclaration à ce sujet. Toutefois, alors que la ministre Sheila Bappoo avait annoncé la décision des autorités de placer les adultes à Belle-Mare, il se trouve que des mineurs du foyer Namasté ont été recueillis par l’ashram, lequel serait mixte.