La Banque de Maurice compte élargir la couverture du Mauritius Credit Information Bureau, base de données ayant pour objectif de dresser le profil de l’endettement des emprunteurs dans le pays. La banque centrale considère actuellement l’inclusion des sociétés offrant des crédits à la consommation, plus précisément les Hire Purchase Companies, les Credit Unions et les compagnies de télécommunications, dont Mauritius Telecom, dans la liste des opérateurs devant obligatoirement soumettre des informations au MCIB sur les facilités de crédits octroyés à leurs clients ou membres.
L’annonce à ce sujet a été faite par le premier gouverneur adjoint de la Banque de Maurice (BoM) lors d’un forum-débat sur le thème « L’ampleur du surendettement à l’île Maurice et l’importance de l’éducation financière pour combattre la pauvreté » organisé en début de semaine à Rose-Hill par l’Association pour la Protection des Emprunteurs Abusés. Yandraduth Googoolye a rappelé que le Mauritius Credit Information Bureau (MCIB) avait été institué en décembre 2005 avec 11 banques commerciales comme participants. Au fil des années, a-t-il indiqué, la liste des participants a été allongée avec l’inclusion de cinq autres banques, neuf compagnies de crédit-bail (leasing companies), huit compagnies d’assurances, la Mauritius Housing Corporation, la Banque de Développement, la National Housing and Development Company, le Mutual Aid, l’Employees Welfare Fund et, depuis juillet dernier, le Central Electricity Board et la Central Water Authority.
« Nous ne comptons pas nous arrêter en si bon chemin », a déclaré le premier gouverneur adjoint en annonçant l’éventuelle inclusion des sociétés offrant des crédits à la consommation, les Credit Unions et les compagnies de télécommunications. Le MCIB, a expliqué Yandraduth Googoolye, maintient une base de données provenant des prêteurs – aussi appelés des participants du MCIB – sur les crédits alloués aux entreprises aussi bien qu’aux particuliers. Ces informations, a-t-il précisé, concernent les prêts, les découverts, les cartes de crédit et les facilités de crédit-bail.
« Culture du crédit disciplinée »
« L’objectif principal du MCIB est d’assurer le développement d’un environnement de crédit sain. De ce fait, il participe directement à la lutte contre le surendettement, principalement des ménages, qui a des effets néfastes sur la vie familiale. Il permet également aux institutions offrant du crédit de prendre des décisions éclairées et rapides. En un mot, il contribue à la promotion d’une culture du crédit disciplinée dans la population », a fait ressortir le No 2 de la BoM. Il a affirmé que les informations transmises au MCIB restent confidentielles et les participants sont tenus de prendre toutes les précautions nécessaires pour interdire l’accès au système par les utilisateurs non autorisés.
Le profil de l’endettement dressé par le MCIB, a ajouté Yandraduth Googoolye, donne les détails sur les emprunts mais ne fait aucune mention du nom de l’institution. « Contrairement à une certaine perception qui s’installe dans le public, le MCIB ne maintient aucune liste de personnes “blacklisted” en raison de non-paiement des emprunts. Il rapporte les faits tels qu’ils sont », a-t-il souligné.
Avant la mise en place du MCIB, les prêts non-performants, selon le premier gouverneur adjoint de la BoM, représentaient plus de 10 % de la totalité des crédits dans le secteur bancaire. Ce pourcentage tourne aujourd’hui autour de 4,5 %. Yandraduth Googoolye a observé qu’il n’y a pas de chiffre officiel évaluant le niveau du surendettement à Maurice mais que si l’on se réfère aux statistiques publiées par la Banque de Maurice sur la distribution des crédits, on constatera que les prêts alloués sous l’item « Housing, Personal et Professional » (prêts-logement et prêts aux individus et professionnels) sont passés de Rs 36.1 milliards en août 2008 à Rs 62.5 milliards en août 2012, soit une augmentation de 73.2 % en quatre ans.
Yandraduth Googoolye a parlé de l’éducation financière et des initiatives prises à cet effet par la banque centrale. Mention a été faite de la publication d’un rapport mensuel sur la situation monétaire et de certains indicateurs économiques, du rapport sur la stabilité financière et les tendances concernant l’inflation, de brochures avec le concours d’associations de protection des intérêts des consommateurs, d’émissions à la radio et à la télévision, entre autres.
Par ailleurs, le premier gouverneur adjoint de la BoM a évoqué l’institution en juillet d’un comité de travail pour se pencher sur les clauses et conditions défavorables dans les contrats bancaires et autres contrats financiers. Cette mesure a fait suite à la demande faite par la BoM aux banques commerciales pour que celles-ci soient dotées d’une « Complaints Desk » pour traiter les doléances de leurs clients. Une structure similaire a déjà été mise sur pied à la banque centrale. Un « forum spécial » sera institué prochainement pour des échanges réguliers entre le régulateur et les banques autour de ce sujet.
Sur la base des conclusions du comité de travail, les autorités bancaires se proposent de présenter un document de consultation publique englobant les éléments clés identifiés par le comité.