La nouvelle pointe de 429 MW enregistrée, mercredi, en matière de consommation d’énergie a donné des sueurs froides, sans jeu de mots, au Central Electricity Board (CEB). Ce déclic est venu rappeler que le pays ne fait pas seulement face à un grave problème de sécheresse mais qu’il y a aussi un dossier majeur, la mise en place d’une nouvelle centrale thermique de 300 MW, en suspens depuis bientôt six ans. Dans l’immédiat, la direction générale du CEB n’a fait que céder à la tentation de Panic-Buying of Heavy Fuel Oil pour parer au plus pressé. A ce niveau aussi, des problèmes ont surgi car le tanker Red Eagle de Betamax ne dispose pas de la capacité pour satisfaire les besoins en huile lourde du CEB. Entre-temps, le coût d’opération des turbines à gaz de la centrale thermique de Nicolay pèse lourd sur le bilan financier du CEB.
La canicule, qui dure depuis plusieurs jours déjà, a agi en tant révélatrice de la situation de crise dans le secteur énergétique avec le CEB marchant littéralement sur la corde raide. La nouvelle pointe dans la demande d’énergie est venue réconcilier les responsables à l’effet que des mesures urgentes doivent être prises pour éviter toute situation de Load Shedding et de Power Outage, susceptible d’affecter l’économie déjà en proie à des difficultés hors de son contrôle. Malgré tout, le CEB continue à vouloir se montrer rassurant face à des risques de Black-Out en mettant en avant des conditions climatiques exceptionnelles.
Avec la sécheresse persistante, le CEB ne peut plus compter sur l’appoint aux heures de pointes des centrales hydroélectriques, générant de l’énergie électrique au coût de 50 sous l’unité. Des trois turbines à gaz de 24 MW chacune installée à la centrale thermique de Nicolay, une est hors d’usage. Les deux turbines à gaz, avec un coût de production variant entre Rs 8 et Rs 9 l’unité, sont mises à rude épreuve pour alimenter le réseau électrique national. Toutefois, le CEB se rend de plus en plus compte du coût onéreux de cette solution car avec une génération de 50 millions d’unités, il faut prévoir des coûts additionnels de Rs 400 millions.
Dans la conjoncture, le CEB a cru nécessaire d’avoir recours au Short Term Maintenance Mode pour les turbines des centrales en vue de pouvoir d’une plus grande marge de manoeuvre. Aucune des sources autorisées au CEB n’a voulu s’aventurer pour confirmer ou infirmer cette mesure avec des risques pour les équipements, notamment ceux des centrales de Fort Victoria et de Saint-Louis.
Parallèlement, les consultations et discussions à l’hôtel du gouvernement au sujet du projet de mise en opération d’une nouvelle centrale d’une capacité optimale de 300 MW semblent s’éterniser. Le site pour accommoder cette nouvelle centrale thermique n’a pas encore été identifié car celui de La-Mecque, sur le Factory Area de Médine, n’a pas été retenu aux dernières nouvelles. Un autre site présenté ne fait pas l’unanimité au sein de la communauté des grands commis de l’Etat.
Entre-temps, la demande en énergie continue à grimper, que ce soit sur le plan domestique ou encore avec la Central Water Authority utilisant des pompes électriques pour alimenter le pays en eau potable. Face à ces nouvelles données, le CEB a dû changer son fusil d’épaule en ce qui concerne les commandes de Heavy Fuel Oil pour les trois prochains mois.
En début de semaine, les besoins en huile lourde pour faire rouler les centrales de Saint-Louis et de Fort Victoria ont augmenté de 40%, passant d’une moyenne de 6 600 tonnes à 8 500 tonnes par mois pour la période de mars à mai.
Un grave problème logistique est venu perturber les plans d’urgence du CEB. Le pétrolier, exploité par Betamax entre l’Inde et Maurice pour approvisionner le pays en carburant, ne peut que transporter un maximum de 6 600 tonnes de par la configuration du Red Eagle lors de sa rotation de 22 jours. A coup sûr, le CEB ne peut se permettre le luxe d’abandonner les quelque 2 000 tonnes manquantes par mois.
La solution se trouve dans l’affrètement par la State Trading Corporation (STC) d’un pétrolier, autre que le Red Eagle, à des frais additionnels. Nouveau litige en vue avec le CEB refusant d’encourir ces coûts. En tout cas, une décision devra être prise en début de semaine car les conséquences de tout deadlock risque d’avoir des conséquences graves sur la fourniture d’énergie électrique avec de nouvelles sueurs froides pour les responsables du CEB.