Vivement contesté par l’opposition, à son lancement l’année dernière, le projet Sarako, à l’initiative du frère du ministre Jim Seetaram, Shyam Seetaram, a finalement été inauguré en grande pompe mercredi dernier par le Premier ministre Navin Ramgoolam, dès son retour de l’Inde. Au coût de Rs 1,2 milliard, ce projet de ferme voltaïque, à Bambous, branché sur le réseau local depuis février 2014, est d’une puissance de 15 mégawatts. Il permettra d’alimenter la région ouest dans un premier temps et la firme se prépare à étendre son énergie à d’autres régions de l’île et également à l’étranger.
Installé sur un terrain de 80 arpents mis à la disposition des Seetaram à Bambous par le gouvernement, la ferme photovoltaïque Sarako, réalisée en partenariat avec la société allemande Tauber Solar, qui en a assuré la mise en place, bénéficie aussi d’une subvention de la part du fonds Maurice île Durable (MID) à hauteur de Rs 37 millions par an. La construction de cette ferme a démarré en octobre 2013 et en février, la ferme, disposant de 60 800 panneaux solaires, avec notamment une ligne de transmission de 4,2km, et une «substation» de 66kv, a produit ses deux premiers mégawatts d’électricité. Depuis, la ferme produit de l’énergie renouvelable pour 50% des foyers de la région ouest, contribuant ainsi à hauteur de 2% sur le réseau national de distribution d’énergie. Ce projet, qui pour l’heure fournit de l’énergie à environ 8 600 foyers, devrait, selon ses promoteurs, permettre d’économiser un minimum de 14 000 tonnes d’émission de CO2annuellement. Outre les ambitions de Sarako pour Maurice, la compagnie Sarako a décroché un contrat pour l’installation d’une ferme photovoltaïque au Burundi et devrait également s’installer à Madagascar, a annoncé le CEO Shyam Seetaram.  
Lors de son allocution, le Premier ministre a fait ressortir que «ceux qui pensent et qui continuent de critiquer le projet MID, estimant qu’il s’agit d’un leurre ont tort». La preuve, dit-il, le projet Sarako a vu le jour et fera la fierté des Mauriciens dans d’autres pays, dont le Burundi qui a déjà retenu les services de l’entreprise. Rappelant que le projet MID, lancé en 2008 mise sur l’esprit entrepreneurial des particuliers de lancer des projets à base d’énergie renouvelable, Navin Ramgoolam félicite l’initiative des promoteurs, et insiste que Sarako démontre davantage le sérieux de MID. Pour le chef du gouvernement, qui fait ressortir que d’autres projets de moindre envergure ont été lancés, dont l’aide accordée aux établissements scolaires qui ont installé des panneaux photovoltaïques, l’objectif que les matières renouvelables fournissent au pays 35 % de ses besoins en électricité, d’ici à 2025, est tout à fait «réalisable».