La centrale thermique (bagasse-charbon) de Terragen, située à Belle Vue Harel, dans le nord du pays à côté du Stade Anjalay, a obtenu une triple certification AFAQ QSE (Qualité, Sécurité et Environnement) sur les référentiels ISO 9001, ILO OSH 2001 et ISO 14001 pour ses activités de production de vapeur et d’électricité. Cela suite à un audit réalisé entre le 5 et le 10 décembre dernier par les auditeurs d’AFNOR Certification. C’est ce qu’a annoncé hier le directeur de la centrale, Jean Michel Gérard, lors d’une visite guidée du site organisée à l’intention des journalistes.
« C’est la première centrale thermique et également la première compagnie à Maurice à être certifiée AFAQ QSE (Qualité, Sécurité et Environnement) sur les référentiels ISO 9001, ILO OSH 2001 et ISO 14001 dans un seul audit, de surcroît avec l’AFNOR, un des leaders mondiaux incontestés dans le domaine de la certification des normes, réputé pour son extrême intransigeance », s’est félicité Jean Michel Gérard. Il était entouré de Raj Prem Ramluckun (chef d’entretien), de Dipeeka Seeruttun Ramgolam (Coordinatrice Qualité, Sécurité, Environnement), de Daniel Mamotte (Chef d’exploitation), entre autres.
La norme ISO 9001 (2008) est un système de gestion de la qualité ayant pour objectif d’améliorer l’organisation et le fonctionnement de l’entreprise, tout en respectant les exigences des clients pour leur satisfaction.
La norme ILO OSH 2001 est un système de gestion de la sécurité et de la santé au travail. Elle contribue d’une part à réduire les risques et les dangers, et d’autre part à accroître la productivité. Les principes directeurs volontaires de la norme ILO OSH 2001 ont été élaborés par l’Organisation internationale du travail pour aider dans la pratique les organisations et les institutions compétentes à obtenir l’amélioration continue des résultats en matière de sécurité et de santé au travail.
« A noter qu’il existe deux normes certifiables en matière de sécurité et santé : ILO OSH 2001 et OHSAS 18001. Terragen Ltd est la seule à être certifiée ILO OSH 2001 à Maurice », s’est encore félicité Jean Michel Gérard.
Quant à la norme ISO 14001 (2004), c’est un système de gestion environnemental qui permet à une organisation de connaître l’impact de ses activités sur l’environnement, de prévoir les mesures nécessaires pour gérer cet impact et de revoir, pour les améliorer régulièrement, ses méthodes, produits et services.
Le directeur de la centrale de Terragen s’est dit « profondément honoré et fier » d’avoir été certifiés par l’AFNOR. « C’est le fruit d’un travail de longue haleine de nos équipes et cela démontre notre implication dans l’amélioration de la qualité de notre travail, de notre impact sur l’environnement, de la sécurité et la santé de tous. C’est ce que nous voulons partager aujourd’hui avec les médias et les administrations concernées, ainsi que le public en général. Cela, en toute modestie, sans triomphalisme, car il nous reste beaucoup de progrès à réaliser ensemble », a-t-il expliqué.
Selon Jean Michel Gérard, Terragen a investi pas moins de Rs 6,5 millions en 2012 et 2013, et Rs 17 millions planifiées entre 2014 et 2018 pour être dans les normes AFAQ QSE. Et d’ajouter que Terragen ne compte pas s’arrêter là. « Albioma, partenaire stratégique de Terra, travaille avec Omnicane afin de brûler de nouveau les cendres de charbon pour réduire le taux de carbone dans celles-ci et ainsi être en mesure de les incorporer au ciment. L’étude technique est terminée, la partie contractuelle et réglementaire est en cours de réalisation », a-t-il annoncé.
En outre, poursuit l’intervenant, Terragen travaille avec le soutien d’Albioma pour que, dans le futur, plus de biomasse se substitue au charbon. « Dans cette optique, plusieurs études et essais ont été commandités, à savoir : premièrement l’étude et les essais de ramassage et de transport de la paille de la canne à sucre laissée aux champs ont déjà été réalisés, l’étude du compactage est en cours. Puis une autre étude sur les cultures énergétiques telle que l’Arundo Donax (communément appelé chez nous « fatak ») : la plantation sur un hectare de cette dernière et l’analyse élémentaire en tant que combustible ont été réalisées. Et enfin, une rencontre avec le CIRAD de la Réunion, l’équivalent du MSIRI à l’île soeur, pour étendre à Maurice la culture de variétés de cannes à sucre avec un plus fort taux de fibre et un meilleur rendement à l’hectare. Au final, plus de bagasse, donc moins de charbon », a-t-il élaboré.
Répondant à une question de la presse, le directeur de Terragen a concédé que l’utilisation du charbon a un impact sur l’environnement. « En tant que citoyen du monde, je me sens personnellement responsable de l’impact environnemental de notre centrale thermique et je ne pourrais pas faire ce métier si je pensais être un affreux pollueur sans conscience. Je suis fier, au contraire, avec notre entreprise et nos collaborateurs, de pérenniser la filière Canne à Maurice et de valoriser énergétiquement la bagasse, combustible neutre pour l’environnement et renouvelable année après année, réduisant par ailleurs la facture énergétique du pays en important moins de combustible fossile. Collatéralement, ce sont des milliers d’emplois qui sont sauvés. Beaucoup d’usines sucrières dépourvues de centrales valorisant énergétiquement la bagasse ont déjà disparu », a-t-il élaboré.
Jean Michel Gérard explique par ailleurs qu’un deuxième combustible fossile est nécessaire une fois la campagne sucrière terminée. « Le choix du charbon, combustible compatible avec la combustion de la biomasse, plus économique et mieux réparti géostratégiquement que les autres combustibles fossiles, permet ainsi à la centrale de vendre actuellement le KW à Rs 2,67 au CEB, à minima 30 % moins cher que toute autre énergie disponible. Ceci est très souvent ignoré dans des débats sur la politique énergétique », conclut-il.