Une audit réalisée par l’AFNOR du 5 au 10 décembre 2013 a eu pour conclusion la triple certification AFAQ QSE (Qualité, Sécurité et Environnement) de Terragen. C’est sur les référentiels ISO 9001, ILO OSH 2001 et ISO 14001 pour ses activités de production de vapeur et d’électricité que la centrale thermique co-génération (bagasse-charbon) de Belle-Vue a été récompensée. Légitime fierté de la direction de Terragen: «C’est la première centrale thermique et également la première compagnie à Maurice à être certifiée QSE dans un seul audit, avec l’AFNOR, un des leaders mondiaux incontestés, réputé pour son extrême intransigeance.»Pour l’occasion, la centrale a organisé un media-tour, la semaine dernière, dans le but de montrer son «savoir-faire unique», du fait de sa production en cogénération.
«Nous sommes profondément honorés et fiers d’avoir été certifiés par l’AFNOR. C’est le fruit d’un travail de longue haleine de nos équipes et cela démontre notre implication dans l’amélioration de la qualité de notre travail, de notre impact sur l’environnement, de la sécurité et la santé de tous. Il nous reste beaucoup de progrès à réaliser», a déclaré Jean Michel Gerard, Power Plant Manager de Terragen. Ce dernier souligne également qu’»en tant que citoyen du monde, je me sens personnellement responsable de l’impact environnemental de notre centrale thermique et je ne pourrais pas faire ce métier si je pensais être un affreux pollueur sans conscience. Je suis fier, au contraire, avec notre entreprise et nos collaborateurs, de pérenniser la filière Canne à Maurice et de valoriser énergétiquement la bagasse, combustible neutre pour l’environnement et renouvelable année après année, réduisant par ailleurs la facture énergétique du pays en important moins de combustible fossile. Collatéralement, ce sont des milliers d’emplois qui sont sauvés. Beaucoup d’usines sucrières dépourvues de centrales valorisant énergétiquement la bagasse ont déjà disparu.»
Exigences légales
À savoir que la norme ISO 9001 : 2008 spécifie les exigences relatives au système de management de la qualité pour la réalisation de produits et/ou de services en plaçant le client au centre des préoccupations. L’ILO OSH 2001 sont les principes directeurs concernant les systèmes de gestion de la sécurité et de la santé au travail, référentiel international de l’Organisation du Travail qui a été validé par les états et les partenaires sociaux (employeurs et salariés) au niveau international. L’ISO 14001 : 2004 spécifie les exigences relatives à un système de management environnemental permettant à un organisme de développer et de mettre en oeuvre une politique et des objectifs, qui prennent en compte les exigences légales et les autres exigences auxquelles l’organisme a souscrit et les informations relatives aux aspects environnementaux significatifs. Elle s’applique aux aspects environnementaux que l’organisme a identifiés comme étant ceux qu’il a les moyens de maîtriser et ceux sur lesquels il a les moyens d’avoir une influence.
Concernant l’utilisation du charbon comme combustible, Jean Michel Gerard affirme qu’il agit comme complément au bagasse. Pendant la campagne sucrière, le combustible utilisé est essentiellement la bagasse. Le manager explique qu’une fois la campagne sucrière terminée, un 2e combustible fossile est nécessaire, d’où l’utilisation du charbon, ce qui permet ainsi à la centrale de vendre actuellement le KW à Rs 2,67 au CEB, à minima 30% moins cher que toute autre énergie disponible, indique Jean Michel Gerard.
De plus, ce combustible est compatible avec la combustion de la biomasse. Et d’ajouter que, de manière géostratégique, le charbon est mieux réparti que les autres combustibles fossiles. «Le charbon a des avantages car les énergies renouvelables ne sont pas stockables. Le jour où on aura d’énormes batteries capables de stocker et restituer l’énergie en permanence, on aura fait un énorme progrès», dit-il.
Toutefois, il concède que l’utilisation du charbon a un impact sur l’environnement et que produire plus de bagasse est nécessaire. Chiffres à l’appui, il indique de manière très arrondie  qu’avec 900,000 tonnes (t) de cannes, on peut produire 300,000 t de bagasse, ce qui équivaut à 100,000 t de charbon, pour une production de 100,000 mégawatt exportées sur le réseau CEB. Il souligne ainsi que Terragen n’est pas une centrale thermique classique du fait que durant six mois de l’année, elle fonctionne en cogénération. «On brûle l’énergie renouvelable année après année, en échange, on envoie de la vapeur à la sucrerie et on produit de l’électricité sur le réseau avec la bagasse. On double le rendement thermodynamique lorsqu’on travaille en cogénération: le même kilo de vapeur travaille deux fois, une fois pour faire de l’électricité et une fois pour faire du sucre», explique-il. Selon les chiffres donnés par Terragen, elle a produit 17% de la consommation nationale d’électricité en 2013. Avec une capacité de production annuelle de 435 gigawatt (GWh), la centrale thermique a réalisé un record de production en 2013 de 393,7 GWh.
Descendre en dessous de 5% de carbone
Parmi les projets de Terragen: Terra et son partenaire stratégique Albioma travaillent en partenariat avec Omnicane pour la gestion des cendres: c’est-à-dire qu’ils vont rebrûler leurs cendres (charbon) de manière à pouvoir descendre en dessous de 5% de carbone dans les cendres pour les incorporer dans le ciment. L’axe de progrès, selon le Power Plant Manager, est la biomasse: la paille, l’Arundo Donax ou fataket une nouvelle variété de canne développée par les Réunionnais qui produisent 30% de plus de fibre. Ainsi, Terragen travaille avec le support d’Albioma pour que, dans le futur, plus de biomasse se substitue au charbon. Dans cette optique, plusieurs études et essais ont été commandités: l’étude et les essais de ramassage et de transport de paille de canne à sucre laissée aux champs ont déjà été réalisés et l’étude du compactage est en cours; l’étude sur les cultures énergétiques telle que l’Arundo Donax (la plantation sur un hectare de fataket l’analyse élémentaire en tant que combustible ont été réalisées). Une rencontre a également eu lieu avec le CIRAD de La Réunion (équivalent du MSIRI) pour étendre à Maurice la culture de variétés de canne à sucre avec un plus fort taux de fibre et un meilleur rendement à l’hectare. L’on soutient que la biomasse permettra de brûler moins de charbon et, donc, sera avantageux à la fois économiquement que sur le plan environnemental.