Des coopérateurs et de petits planteurs indépendants ont lancé l’Arundo Production Cooperative Society (APC) dans le but de regrouper ceux souhaitant cultiver la plante arundo donax, communément appelée “fatak”, sur les terres abandonnées pour la production d’énergie verte. Cette société coopérative travaillera en collaboration avec la Biomass Agri Solutions, une filiale d’Equilibre Bioenergy Ltd, initiatrice du développement de la culture de l’arundo donax à Maurice comme biomasse pour la production énergétique.
Leckrajsing Ramdhony, porte-parole de l’APC, dit avoir observé, depuis ces derniers mois, un engouement grandissant de la part du gouvernement pour encourager la production de l’énergie verte à Maurice. « Le gouvernement veut soutenir les planteurs qui souhaitent se lancer dans la culture de l’arundo donax. D’autant plus que les recherches sur cette plante se sont avérées concluantes. Cette plante requiert très peu d’entretien et aussi peu d’irrigation. Et elle sera donc rentable pour les planteurs », fait-il ressortir.
En se regroupant sous la bannière de la nouvelle société coopérative, les coopérateurs et autres planteurs indépendants espèrent ainsi bénéficier des avantages qui découleront de leur partenariat avec Equilibre Bioenergy Ltd. À titre d’exemple, Leckrajsing Ramdhony indique que la récolte ainsi que la manutention de la plante seront prises en charge par cette entreprise. Il ajoute cependant : « Nous avons besoin de financements pour préparer les terres et démarrer la culture. Nous faisons appel au gouvernement pour qu’il mette des facilités de financement à notre disposition. »
Cette société coopérative compte développer une superficie de 8 000 hectares sous culture de l’arundo donax à travers l’île. Ce qui devrait suffire, selon Equilibre Bioenergy Ltd, pour la demande nationale en énergie verte dans le court et moyen termes. De nouvelles sociétés coopératives pourraient être créées dans l’éventualité d’une plus grande demande pour cette plante.
Citant les statistiques officielles, Leckrajsing Ramdhony indique que plus de 19 000 hectares de terres agricoles, anciennement sous culture de cannes à sucre, ont été abandonnés au cours des 20 dernières années. La raison principale de cet abandon est la baisse du prix du sucre sur le marché européen couplé à une hausse continue des coûts de production. « La culture de l’arundo donax représente une aubaine pour les planteurs ayant été contraints d’abandonner leurs terres », souligne-t-il.     
Selon un arrangement entre les deux parties, la BAS formera les planteurs dans la culture de la plante et s’assurera également du transport vers son usine. Il a également été convenu entre les deux parties que cette entreprise paiera un prix fixe à l’ACP par tonne d’arundo donax fournie, et ce indépendamment du coût de la récolte et du transport. La BAS fait ressortir que la culture de l’arundo donax est une alternative durable pour les petits planteurs ayant abandonné la culture de la canne à sucre. Ses avantages : elle a besoin de moins d’eau que d’autres cultures et survit aux sécheresses et aux inondations. Son rendement, selon les estimations, est de plus de 200 tonnes par hectare alors que les coûts de production seront inférieurs à ceux de la canne à sucre.