Depuis 1973, le Docteur Christian Koch tente de rendre illimité ce qui par définition est limité : l’huile lourde. Et grâce à un procédé d’hydrogénation et à un catalyseur des plus « banals », il est parvenu, à partir de bio-masse, à surpasser le million d’années de procédé naturel pour en faire du biodiesel. L’inventeur présentera son « innovation » demain à l’Université de Maurice. C’est à St Aubin que sera installée la première unité de production de biodiesel.
Nous étions, sur la planète, 6 milliards en 2000. Nous sommes 8 milliards à ce jour. Et en 2050, certainement, la terre habitera plus de 10 milliards d’êtres humains. Quoi prévoir pour 2100 ? « 27 milliards » selon le Docteur Christian Koch, alors qu’on « ne veut toujours pas délaisser l’huile lourde ». Il a trouvé un moyen de contourner le problème et voudrait en faire profiter Maurice.
Le Dr Christian Koch est un inventeur, dans la plus stricte tradition germanique. Il obtient son diplôme d’ingénieur chimiste en 1964 et onze années plus tard, obtient son doctorat à Erlagen. De 1973 à 1984, il offre ses services à KWU Erlagen V94, le Siemens Power Generation Group, dans le développement de systèmes chimiques, dans la recherche en conversion de fuel, dans la gaséification et des procédés de catalysants, notamment. De 1984 à 2003, il continue à affiner ses connaissances dans les catalyseurs. Toute une expertise qui le conduit, en 2003, à fonder Alphakat GmbH avec le « Friktionsturbinen-Verölungstechnik » – KDV process, pour la conversion de matériaux organiques en fuel. Une première unité KDV sera d’ailleurs installée à St Aubin. Les détails de l’opération seront élaborés demain à l’Université de Maurice.
KDV process – l’inventeur, que Le Mauricien a rencontré au Sofitel, Flic-en-Flac, vendredi, ne peut se délier de son accent allemand et il n’est pas toujours aisé de le suivre dans ses explications tant il est rigoueux à explorer, avec passion, les moindres aspects techniques de son projet. Et d’aller jusqu’à détailler certaines équations qu’il serait difficile de vulgariser sans utiliser de raccourci.
Sans trop de rigueur scientifique, voilà le fil conducteur de la pensée de Christian Koch. La problématique d’origine est la suivante : comment produire du fuel à partir de matières organiques ? Il faudra revenir à la base : comment la nature s’y prend-elle pour former son pétrole ? Pour faire simple, il s’agit de la décomposition, de la sédimentation et de l’hydrogénation de produits organiques — végétaux, animaux, notamment — dans le sous-sol terrestre pendant des millions d’années (à l’échelle des temps géologiques). La mission de Christian Koch était donc d’accélérer ce procédé…