Le Fonds des énergies durables pour l’Afrique a approuvé fin décembre l’octroi d’une subvention d’un million de dollars américains (environ Rs 30 millions) à l’entreprise mauricienne Sotravic Ltd. Cette enveloppe sera utilisée pour la préparation d’un projet portant sur le développement d’un système de climatisation à partir d’eau de mer à Maurice.
Annonçant l’approbation de cette subvention, le Fonds des énergies durables pour l’Afrique – “Sustainable Energy Fund for Africa” (SEFA) –, qui est une initiative conjointe de la Banque africaine de Développement (BAD) et du gouvernement du Danemark, indique que le système de climatisation à partir d’eau de mer repose sur une technologie innovatrice permettant de réduire les coûts de refroidissement des structures. Le projet de Sotravic Ltd, ajoute la direction du Fonds, contribuera à une baisse annuelle de l’ordre de 40 000 tonnes d’émissions de CO2, à la création de quelque 40 emplois directs pour des ingénieurs et techniciens locaux. De plus, il y un potentiel de création d’un plus grand nombre d’emplois indirects dans diverses activités, telles l’aquaculture, la pharmacologie et l’embouteillage d’eau traitée. « It will also be the first such project in Africa with a high demonstration effect for other coastal cities on the continent », ajoute le SEFA.
Elaborant sur le « Deep Ocean Water Application (DOWA) Project » de Sotravic, le SOFA fait ressortir qu’il consiste en la construction et l’opération d’un système souterrain de pompage d’eau froide provenant des fonds de mer et qui sert à des besoins de climatisation de bâtiments se trouvant au centre de la capitale ou dans des régions avoisinantes. Lorsqu’il sera complété, le projet, souligne-t-on, aidera au remplacement des systèmes de climatisation traditionnels dans les bâtiments, gros consommateurs d’énergie. Il est estimé que ce type de système consomme environ 30 mégawatts d’électricité alors que le système de refroidissement utilisant l’eau des fonds de l’océan n’a besoin que de 4 mégawatts d’énergie électrique pour fonctionner. « This will free 26 MW of electrical power to be used for other purposes, directly contributing to a greater generation reserve margin in a country that highly depends on fossil fuels and on the seasonal availability of hydro and bagasse cogeneration resources to ensure a reliable power supply », ajoute le SEFA.
La direction du Fonds considère qu’à travers l’assistance pourvue à Sotravic Ltd, la Banque africaine de développement jouera un rôle de premier ordre pendant la phase de développement du projet en question en s’engageant activement avec les promoteurs et d’autres partenaires clés, et ce en vue éventuellement de structurer un projet viable pour un financement à long terme. Le SEFA financera les études de faisabilité offshore, dont une évaluation de l’impact socio-environmental du projet.
« This innovative project, led by a local engineering and construction company, will explore synergies between the ocean and the energy sector in Mauritius to deliver significant cost, energy and carbon savings while also creating jobs and new business opportunities. This is perfectly aligned with the Bank’s new strategy focused on supporting African countries in their transition to more green and inclusive growth models », a déclaré Alex Rugamba, directeur de la division “Énergies, environnement et changement climatique” de la BAD.
Emmanuel André, Chief Executive Officer de Sotravic, a fait état de la satisfaction de sa société après l’approbation de la subvention du SEFA, faisant ressortir que Sotravic se réjouit de pouvoir apporter une nouvelle fois sa contribution à la réduction de la dépendance du pays sur des produits énergétiques importés. Et de remercier dans la même souffle la BAD pour son soutien ainsi que le gouvernement pour la création d’un cadre en vue du développement de l’économie océanique.   
Le Fonds des énergies durables pour l’Afrique vise à soutenir le développement et la mise en oeuvre de petits et moyens projets d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétiques en Afrique. « Dans plusieurs pays africains, les petits projets à base d’énergies propres présentent une viabilité commerciale potentielle », relève le SEFA. Cependant, fait-il remarquer, la prise en charge des coûts de développement initial constitue souvent une barrière importante. Ainsi, le SEFA offre des services de conseil et des subventions pour apporter une assistance technique et renforcer les capacités. Il peut également proposer du “capital développement” pour abaisser les coûts de préparation et faciliter l’intervention d’autres investisseurs.