Le secrétaire général de la Commission de l’océan Indien (COI), Jean-Claude de L’Estrac, a donné de plus amples détails du projet de la COI, avec le soutien financier de l’Union européenne, concernant la promotion des énergies renouvelables dans les îles de l’océan Indien. C’était hier, lors du 9e Forum économique des îles de l’océan Indien, qui se tient actuellement à Pointe-aux-Piments.
« Nous ne sommes pas en train d’inventer la roue, puisqu’il y a des initiatives importantes qui ont déjà été prises dans chacun de nos pays », a d’emblée lancé le secrétaire général de la COI. Ce projet, dit-il, a pour ambition de venir multiplier et soutenir ce qui se fait déjà, avec des moyens supplémentaires. L’accord de financement a été signé le 5 juin dernier et les choses sont allées vite puisque la COI et l’UE étudient demain (NDLR : aujourd’hui) les dossiers qui ont été soumis pour l’assistance technique. L’équipe qui apportera son assistance technique à la réalisation de ce projet sera ainsi connue très vite.
Jean-Claude de L’Estrac affirme que la raison pour laquelle ce projet est mis en oeuvre est que tous nos pays ont une forte dépendance sur les combustibles fossiles malgré tous les efforts réalisés jusqu’à maintenant. Le projet a plusieurs objectifs, principalement d’améliorer les conditions nécessaires pour le développement, l’investissement et la gestion durable de l’énergie et aussi d’entrevoir un nouveau modèle de production et de commercialisation de l’énergie. Plusieurs résultats sont attendus de ce projet : entre autres, le développement d’une stratégie régionale focalisée sur le développement des compétences, la sensibilisation des populations aux énergies renouvelables, l’augmentation de l’environnement commercial existant. « Il ne pourra pas y avoir d’investissement privé sans modification de l’environnement commercial tel que nous le connaissons aujourd’hui ».
Selon M. de L’Estrac, ce projet ouvre un grand accès aux gouvernements et aux institutions publiques chargées de l’énergie. Mais, il a déploré le manque de compétences et de moyens auxquels sont confrontés les municipalités dans tous les pays membres de la COI, hormis La Réunion. « Dans cette île, les municipalités ont un mandat, une responsabilité que n’ont pas les autres villes de la région. Ailleurs, tout est centralisé pour des raisons politiques. Les municipalités ne sont, donc, pas capables de s’insérer dans ce genre de projet », a-t-il fait ressortir. « Si nous voulons faciliter l’interaction entre ce qui se fait dans les villes réunionnaises et les collectivités locales, il va falloir améliorer le cadre administratif municipal qui est totalement dépassé, trop centralisé et n’offre aucune possibilité. Cela va être un rude combat de convaincre nos États d’accorder plus de pouvoir et surtout plus de moyens aux administrations régionales ».
Pour sa part, le chargé de projets de la Délégation de l’UE, Hubert Grandjean, a parlé de l’implication de l’UE et des mécanismes innovants de financement qui méritent d’être mieux connus et qui permettent de rendre le projet « global » tout en bénéficiant des soutiens sous forme de dons.