La distillerie de bioéthanol d’Omnicane a été inaugurée hier après-midi par le Premier ministre Navin Ramgoolam. En opération depuis mars de cette année, cette nouvelle unité du cluster de La Baraque produit 25 millions de litres de bioéthanol par an. Si jusqu’ici ce produit est destiné à l’exportation, les négociations progressent pour son utilisation sur le marché local. Il est prévu que l’E5, mélange de 5 % de bioéthanol à l’essence, soit introduit dans un premier temps. Des tests en ce sens se sont révélés concluants, mais il reste encore quelques détails pratiques à régler.
« Miracles are within our reach, provided we stand united. » C’est sur cette phrase que Jacques d’Unienville, CEO d’Omnicane, a terminé son discours marquant l’inauguration de la distillerie de bioéthanol, en présence du Premier ministre. Auparavant, il n’a pas manqué de souligner les avantages de l’utilisation de ce produit mélangé à l’essence comme carburant, comme le font d’autres pays, dont le Brésil. Se félicitant d’avoir pu parvenir à un accord après de longues négociations avec le control board, il a rappelé que ce nouveau développement prend en considération les enjeux stratégiques, environnementaux et sociaux du pays.
Si c’est une décision sur l’introduction de l’E10 qui était attendue depuis longtemps, des « tests réalisés selon les normes internationales » ont démontré que l’E5 pourrait être introduit dans un premier temps. Ce mélange de bioéthanol à hauteur de 5 % à l’essence sera introduit comme carburant une fois les derniers obstacles aplanis.
D’ailleurs, le Premier ministre a lui aussi souligné qu’il reste encore « quelques détails à régler. » Toujours est-il qu’il a félicité Omnicane pour cette initiative tout en soulignant le « commitment » de la compagnie à changer l’industrie sucrière. « Cette vision cadre avec celle du gouvernement pour une île durable. » Comme Jacques d’Unienville, il a rappelé que l’éthanol avait déjà été utilisé comme carburant à Maurice pendant la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, il a été abandonné pour des raisons pratiques et économiques.
Parlant de l’abolition du protocole sucre, le PM a soutenu que Maurice est probablement le premier pays du groupe ACP à réussir sa réforme sucrière. Navin Ramgoolam a dit apprécier la démarche de l’industrie pour des produits à valeur ajoutée. Une démarche qu’il compte encourager en mettant en place des initiatives appropriées.
Tout en soulignant sa gratitude envers l’Union européenne et l’Agence française de développement, il a rappelé que la fin du protocole sucre comporte des répercussions sociales, notamment pour les petits planteurs. « C’est pour cela que nous avons pris la décision de leur accorder un subside de Rs 2 000 avec une nouvelle baisse du prix du sucre cette année. Certains y voient un bribe électoral, mais c’est une mesure sur deux ans, donc au-delà des élections. »
Dans la foulée, il a critiqué les opérateurs du secteur privé qui veulent rester dans la « comfort zone. » Il a égratigné ceux qui défendent la roupie faible en arguant que cela comporte des risques.