Des milliards de gigawatt que projette le soleil à travers la voie lactée, près de 170 millions arrivent sur terre. De quoi nous permettre de nous débarrasser une bonne fois pour toute de notre dépendance aux carburants fossiles. Encore faut-il se donner les moyens de canaliser cette énergie. Et c’est ce que Maurice essaie de faire.
Le soleil, une immense “boule” de matières en fusion d’environ 1,4 million de km de diamètre située à quelque 150 millions de km. Sa puissance est phénoménale. Et il en est de même de la quantité d’énergie que notre astre dégage. Ainsi, à chaque seconde, la terre reçoit 170 millions de gigawatt, dont plus des deux tiers sont “absorbés”. Autant dire que cet impressionnant volume énergétique suffirait à lui seul à alimenter toutes nos infrastructures électriques pour peu que l’on arrive à le domestiquer. Dès lors, fini notre dépendance aux énergies fossiles et au danger que ces dernières représentent pour la planète.
De toutes les énergies “propres”, celle fournie par le soleil – gratuitement faut-il le rappeler – est en effet probablement la plus propice à se développer rapidement à Maurice. Quoi de plus normal d’ailleurs, notre pays bénéficiant d’un taux d’ensoleillement que lui envie plus de la moitié du monde. Indépendance énergétique, rentabilité budgétaire, participation à la diminution d’émissions de gaz à effet de serre… Les avantages de ce type d’énergie ne sont plus à prouver. De là à imaginer une “île Maurice durable” fonctionnant au “tout solaire”, il n’y a qu’un pas que… personne n’ose encore réellement franchir.
Les autorités mauriciennes, pourtant, semblent sur le “bon chemin”. Le slogan MID a beau sonner creux jusqu’ici, il convient de lui donner une substance consistante. Le pays ne cache d’ailleurs pas ses ambitions. Mais entre la volonté politique et les actions existent encore de nombreuses embuches, notamment budgétaires. Car soutenir les énergies renouvelables ressemble d’un prime abord à un vaste gouffre financier.
Economies gigantesques
Un plan directeur a cependant été défini l’an dernier pour produire localement 2% de nos besoins en électricité grâce à l’énergie solaire. Mais le projet, étalé sur quatre ans, nécessitera de lourds investissements, soit plus de Rs 525 millions. Le jeu, toutefois, en vaut la chandelle. Ainsi, une fois l’objectif atteint – soutenu en cela par le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) – Maurice pourrait économiser pas moins de 13 295 tonnes de carbones, réduisant du coup les émissions de gaz à effet de serre de 5 318 tonnes par an. Ce qui est évidemment énorme pour un pays comme Maurice.
Tout cela est évidemment bien beau. Mais comment les autorités comptent-elles concrètement procéder ? Facile : en instaurant un procédé permettant la vente d’énergie au Central Electricity Board (CEB). Dès lors, entreprises et particuliers décidés à investir dans ce type d’énergie pourront revendre une partie de leur production à l’organisme public, à raison de Rs 11 le kw/heure. Ce qui leur permettra ainsi d’amortir rapidement leurs investissements et, ceci fait, de leur garantir une relative indépendance énergétique salvatrice, réduisant notamment les charges de l’entreprise engagée dans ce processus. Il en est de même pour certaines institutions. C’est notamment le cas du Bureau de l’Education Catholique, qui a décidé de pourvoir 42 de ses établissements scolaires en panneaux photovoltaïques, et ce même si certains “blocages” l’empêche encore d’aller de l’avant.
Dès lors, l’on comprend mieux que le solaire devient l’affaire de tous. Certains l’ont d’ailleurs bien compris, à l’instar d’une banque qui propose à ses clients un plan permettant d’acquérir des panneaux photovoltaïques à un taux préférentiel. Ce faisant, le particulier pourra utiliser une partie de ses ressources et revendre le surplus énergétique au CEB. Lui permettant en partie, ou totalement, de rembourser ses tranches mensuelles.
Une économie non négligeable à laquelle peut évidemment s’ajouter celle d’un chauffe-eau solaire, dont l’utilité n’est plus à prouver et ayant intégré depuis plusieurs années les habitudes des Mauriciens. Ce qui a d’ailleurs motivé le programme de financement subventionné de chauffe-eau solaire par la Banque de Développement (DBM) faisant actuellement l’actualité.
Tout un chacun peut donc tirer profit de l’énergie solaire. Bien sûr, les équipements ont un coût. Mais l’investissement consenti, ce type d’énergie permettra de réaliser d’importantes économies. Sans oublier que l’énergie solaire ignore compteurs et taxes. Avec elle, pas d’émanations toxiques, pas de nuisance sonore, pas de déchets… Bref, une méthode simple et efficace pour éliminer le coût de sa consommation électrique tout en adoptant une attitude “éco-citoyenne”. Que demander de mieux ?