Le poste de police de Phoenix

Une Ong gérant trois shelters (à Curepipe, Paillotte et Belle-Rose) est pointée du doigt par des personnes proches du milieu. Ces dernières reprochent aux responsables le « mauvais traitement » accordé aux enfants que leur confie la Child Development Unit (CDU). Ce matin, une déposition a été consignée au poste de police de Pope Henessy contre la directrice. Celle-ci en avait fait de même contre une employée hier, à la station de police de Phoenix. Ceux dénonçant cette situation affirment que le ministère de l’Égalité des Genres, du Développement de l’Enfance et du Bien-être de la Famille avait aussi été alerté récemment.
Selon des personnes proches de ces shelters, qui disent agir « dans l’intérêt des enfants », cette Ong, dont les responsables sont les membres d’une même famille, infligerait de mauvais traitements aux enfants. Repas inappropriés et insuffisants, crâne rasé en cas de mauvaise conduite, administration de Valium aux enfants, langage abusif… Autant de faits qui sont reprochés, particulièrement à la directrice.
La semaine dernière, des filles du shelter de Curepipe se seraient ainsi rebellées alors qu’elles se trouvaient à l’école de l’Ong. Elles étaient d’avis que les pensionnaires de Paillotte avaient un meilleur traitement, ce qui a provoqué une bagarre. « Suite à cela, les filles avaient demandé leur transfert pour le shelter de La Colombe. Mais la directrice les a intimidés et les a forcés à signer un document où elles disent qu’elles souhaitent rester au sein de cette organisation. L’une d’elles a même eu le crâne rasé. C’est une pratique courante pour punir les filles qui se rebellent », affirme l’une des personnes ayant fréquenté ce milieu.
Cette dernière va même plus loin en affirmant que, pour calmer les filles hors de contrôle, « on leur administre du Valium le soir ». De même, affirme-t-elle, la direction de l’Ong s’arrange « pour empêcher les filles à témoigner contre elle ». Idem pour les membres du personnel, qui se verraient remerciés dès qu’ils commencent à ouvrir la bouche.
Hier, les choses ont pris une autre tournure lorsque la directrice a consigné une déposition à la police, accusant une de ses employées de « ternir sa réputation ». Ce matin, celle-ci en a fait de même, après avoir « reçu des menaces du chauffeur de la directrice ».
Nos interlocuteurs affirment que le ministère de l’Égalité des Genres, du Développement de l’Enfance et du Bien-être de la Famille avait été mis au courant de cette situation. Lors d’une intervention au Parlement le mois dernier, la ministre Aurore Perraud avait annoncé la mise sur pied d’un Fact Finding Committee pour enquêter sur la gestion des shelters en général. Toutefois, ces témoins se disent inquiets par rapport au temps que mettra le comité à travailler. De même, ils avancent que les responsables de l’Ong se targuent de leurs connexions politiques et citent le nom d’un Senior Minister « prêt à les défendre ».