Une campagne de communication nationale visant les adultes avec panneaux publicitaires, annonces presse, Web et radio démarre ce jeudi 25 juin, étalée sur deux semaines. Axée sur les signes que peuvent montrer les enfants abusés sexuellement, cette campagne vise un objectif pédagogique et concret : que les adultes et parents soient en mesure d’identifier, reconnaître et décoder les messages qu’envoie une victime d’abus, et comment y répondre.
Plusieurs partenaires de la société civile dont des professionnels tels que la psychosociologue Mélanie Vigier De Latour-Bérenger, des groupes de média, des ONG comme LEAD et le ministère de l’Égalité des Genres, du Développement de l’Enfance et du Bien-Être de la Famille se sont engagés dans cette campagne qui se décline sur trois axes principaux : la campagne média qui démarre ce jeudi, une formation destinée aux journalistes des groupes média impliqués dans cette initiative sociale et la production de brochures dessinées à destination des écoliers sur l’éducation sexuelle, orientée sur les abus. Cette dernière action — menée en collaboration avec le ministère de l’Éducation —, qui requiert un consciencieux travail préparatoire par des professionnels en psychologie, est en cours.
« L’heure est venue d’arrêter de se voiler la face et de se cacher derrière l’hypocrisie », ont déclaré les principaux instigateurs de cette campagne lors de sa présentation à la presse en fin de semaine dernière. « La société mauricienne a un problème avec le sexe, tellement tabou. Il en résulte que dans l’ombre — parce que cela ne se fait pas de parler de “ça” — les violences sexuelles sur les enfants peuvent perdurer. Il faut tout mettre en oeuvre pour permettre d’en parler, car notre silence tue leur enfance ». Signaler les cas de violence sur les enfants, y compris des abus sexuels, est une obligation légale. Il est stipulé dans la Child Protection Act 1998 (amendée en 2005) que « it is a duty for any person exercising any medical or paramedical profession or a member of the staff of a school to report cases of suspected abuse […] ». Les initiateurs de cette présente campagne espèrent qu’elle « aidera également les professionnels qui travaillent dans le domaine de l’enfance à protéger ces innocentes victimes. »
La hotline 113 est mentionnée dans les visuels de la campagne de communication pour rappeler que des structures existent. C’est le numéro de téléphone à composer en cas d’abus suspecté. La Child Development Unit (CDU) sera à leur écoute et pourra ainsi enquêter, car c’est uniquement après avoir été alertées que les autorités peuvent agir. Les illustrations de la campagne font partie des “signaux de détresse” que peuvent envoyer des enfants victimes de violence sexuelle. Ils ne sont pas forcément les premiers, ni les seuls. La campagne détaille les autres signes auxquels les adultes doivent être sensibles.
Cette campagne a été initiée par La Sentinelle Ltd, en partenariat avec le ministère de l’Égalité des Genres, du Développement de l’Enfance et du Bien-Être de la Famille ainsi que de PEDOSTOP, Dialekt et LEAD et ses partenaires médias, nommément Radio One, Blue Fish, Cread et Le Defi Media Group.