La gestion du centre d’accueil des enfants victimes d’abus passe sous la responsabilité du National Children’s Council pour une période transitoire, a annoncé la ministre de l’Égalité des genres, du Développement de l’enfant, et du Bien-être de la famille, Aurore Perraud, lors de son intervention hier à l’Institut Français de Maurice (IFM), à Rose-Hill. C’était à l’occasion du lancement du single “Drwa Zanfan Morisien” de Laura Beg, ambassadrice des enfants dans le cadre de la Journée internationale des Enfants, observée le 20 novembre.
Aurore Perraud a avancé que la vision de son ministère s’articule autour de trois axes : la prévention, la protection et la réhabilitation. Ainsi, elle explique que son ministère travaille actuellement à la refonte des services et de réallocation des ressources afin d’affiner l’axe de la prévention. « Il y a une refonte totale du programme “École des Parents” et la redynamisation des Child Watch Committees au niveau communautaire pour détecter les faiblesses dans les familles bien en amont, avant que la situation ne dégénère. Je suis en train de solliciter l’aide de personnes vraiment engagées pour piloter le Child Mentoring Programme afin de pouvoir aider les jeunes en difficulté à se remettre sur les rails », dit-elle, avant de noter que le système de familles d’accueil, en voie de professionnalisation, devrait apporter « un souffle d’air frais » aux enfants placés en institution. Elle observe par ailleurs que la CDU doit impérativement poursuivre son rôle, fondé sur la prévention, en plaçant les enfants en danger immédiat dans des « places of safety », mais que ces lieux ne doivent pas être que des “Shelters”, mais « des familles d’accueil ». Au cas où il s’agit d’abris, elle estime que ces espaces doivent être « à taille humaine, à taille familiale », ajoutant : « Il ne faut pas oublier que nos enfants en institutions ne sont pas des criminels mais des enfants qui ont besoin d’aide. »
« J’ai demandé et obtenu que le National Children’s Council – le conseil national des enfants –, pour une période transitoire, prenne en main la gestion du centre d’accueil pour les enfants victimes d’abus sexuels, car nous ne pouvons plus attendre. Ces enfants ont besoin d’aide et de suivi spécialisé le plus rapidement possible. J’ai aussi demandé et obtenu que le NCC puisse prendre en charge la gestion de “Shelters” où les gérants ne travaillent plus dans l’intérêt supérieur des enfants. Pa vinn fer bizness lor latet zanfan. »
Tout en concédant que certains parents démunis ou dépassés n’arrivent pas à remplir leur rôle de parents de manière adéquate, et que les enfants sont placés dans des abris, elle estime cependant que « cela ne doit être que temporaire ». Elle indique aussi que le ministère veut « réhabiliter et réinsérer un maximum d’enfants dans leurs environnements familiaux » et ajoute : « Ceux qui ne peuvent pas retourner dans leur famille pour des raisons évidentes seront alors en famille d’accueil. Quant aux enfants avec des besoins spéciaux, ils seront pris en charge dans des abris spécialisés. L’apport des Ong sera crucial, tout comme il l’est maintenant. »
Aurore Perraud indique que son ministère réfléchit aussi sérieusement à la réhabilitation des agresseurs. Mais, en parallèle, dit-elle, « nous étudions les cas d’abus sexuels commis sur des enfants et où les agresseurs s’en sortent trop souvent avec des peines minimales, alors que l’avenir de ces enfants est brisé ». Toutefois, la ministre note qu’elle ne peut pas tout faire seule. « Je crois beaucoup dans la coopération, la collaboration, le dialogue et la synergie. » Elle salue ainsi l’exemple de Laura Beg, qui soutient la cause des enfants, et annonce une coalition d’artistes pour lutter contre les abus d’enfants. « La sortie de ce single et la collaboration avec LEAD et Laura Beg s’inscrivent dans cette démarche. Anou valoriz drwa zanfan morisien ansam », dit-elle.