Le MMM a réuni la presse hier pour exprimer sa préoccupation concernant la situation des enfants vivant dans des conditions à risques à Maurice, après les violences mortelles dont a été victime la petite Pallavee Acheemootoo, 3 ans, le 29 juin dernier. Le principal porte-parole, Steve Obeegadoo, a critiqué « le désengagement de l’État » dans deux axes d’intervention majeure contribuant à la protection de l’enfant, à savoir les institutions telles que la Child Development Unit (CDU) et la scolarisation. Statistiques à l’appui, il dit noter un recul par rapport aux avancées faites dans la scolarisation durant la période 2000-2005, faisant de fréquentes références au gouvernement MMM/MSM qui était alors au pouvoir.
Le MMM réagissait d’une part à la réponse parlementaire donnée aux questions de l’Opposition à la séance de mardi dernier par la ministre du Bien-Être de l’Enfant, Sheila Bappoo, sur le cas de la petite Pallavee et les visites de la CDU à l’enfant et sur celle, d’autre part, du ministre Bunwaree sur le taux de scolarisation à Maurice. « La ministre a indiqué que deux enquêtes sont en cours sur le cas de la victime, l’une judiciaire et l’autre au niveau du bureau de l’Ombudsperson for Children. Nous apprenons aussi que plusieurs visites de la CDU ont eu lieu à la suite de plaintes portées par les grands-parents de l’enfant réclamant le droit de visite. Or non seulement la CDU connaît un cruel manque de personnel, mais aussi la qualité de la formation pour agir sur le terrain fait défaut », a déclaré M. Obeegadoo, qui allègue de plus que « nombre de Social Workers qui travaillaient auparavant au ministère de la Sécurité sociale ont été transférés à celui du Genre. »
Lysie Ribot rappelle pour sa part que le présent cas vient s’ajouter à celui de la petite Joannick Martin, violée et tuée en septembre dernier. « Mme Bappoo pe fer mem deklarasion », dit-elle, rappelant que la ministre avait annoncé un renforcement des effectifs de la CDU mais que force est de constater que neuf mois ont passé sans qu’aucune mesure concrète n’ait été prise pour donner plus de moyens au personnel. « Pour les premiers cinq mois de l’année dernière il y a eu 500 cas ; pour la même période cette année, on compte 700. Ce qui traduit une augmentation de 40 % ! Le personnel et les moyens eux restent inchangés : 4 psychologues, 3 Senior Family Welfare & Protection Officers, 21 Field Officers et 25 Assistants ; 6 véhicules pour la CDU et les Family Support Bureau », souligne Mme Ribot. « Or, Sheila Bappoo elle-même avait déclaré en 2003 qu’un rapport d’expertise d’un consultant étranger avait recommandé le déploiement de 40 Field Officers. À ce jour ce n’est même plus 40 qu’il nous faudrait mais une centaine ! De même, les High Powered Committees se succèdent sans que l’on en voie les résultats. »