Suite aux réponses données à l’Assemblée nationale par la ministre Mireille Martin et citant l’ONG Safire, Me Narghis Bundhun, présidente de l’organisation, a émis un communiqué hier pour clarifier certains points. Elle précise qu’en aucun cas, Safire n’a pris la responsabilité de diriger une équipe multi-sectorielle qui établirait un plan d’action et que c’est à l’État d’assumer une telle responsabilité. Elle soutient également référer des enfants en détresse au ministère sur un point juridique.
« Une ONG ne peut se substituer à l’État ». C’est en ces termes que Me Narghis Bundhun, présidente de Safire, tient à rectifier certains propos tenus à l’Assemblée la semaine dernière concernant les enfants en détresse.
Narghis Bundhun précise : « En aucun cas il n’avait été convenu et agréé que Safire dirigerait une équipe multi-sectorielle et établirait un plan d’action car cela ne relève ni de notre mandat ni de notre prérogative. »
Elle ajoute que suite à une étude qu’elle a menée en partenariat avec la Mauritius Family Planning and Welfare Association (MFPWA) sur les enfants en situation de rue en 2011, des contacts ont été établis avec les ministères de l’Égalité des genres, de la Sécurité sociale et de l’Intégration sociale, ainsi que le bureau de l’Ombudsperson for Children.
Ces rencontres, précise Narghis Bundhun, « avaient pour objectifs de voir dans quelles mesures les recommandations de l’étude pouvaient être appliquées pour améliorer la situation des enfants et pallier aux problématiques dont ils souffrent. » Toutefois, ajoute-t-elle, c’est l’État qui a ratifié la Convention des droits de l’Enfant et c’est lui qui a l’obligation de soumettre un rapport à ce sujet tous les cinq ans.
Safire rappelle que son étude publiée en 2012 fait état de 6 780 enfants en situation de rue. Toutefois, souligne Narghis Bundhun, Safire n’en encadre que quelque 300. « Nous n’avons pas les ressources humaines et financières pour nous occuper de tous les enfants. »
Concernant les douze enfants qui ont été référés au ministère par Safire, Narghis Bundhun précise que ces enfants l’ont été « d’un point de vue juridique. » Car autrement, l’ONG ne peut leur venir en aide. « Notre travail ne consiste pas à tenir informé le ministère de l’Égalité des genres sur l’évolution de tous les enfants que nous suivons, si c’était le cas nous n’aurions pas le statut d’ONG mais celui de corps para-étatique. »
De plus, révèle l’ONG, depuis six ans, elle a référé une fille en situation de rue au ministère car elle n’était pas déclarée. Mais lors de ces cinq dernières années, « le dossier médical et administratif a été perdu à plusieurs reprises. » Entre-temps, la fille en question est devenue une jeune mère avec trois enfants.
Safire ajoute que « d’autres cas d’enfants victimes d’abus et en danger ont également été référés au ministère afin que ces derniers soient retirés car selon la Child Protection Act seul le chef de cabinet du ministère de l’Égalité des genres a la compétence de faire une demande de protection order lorsque l’enfant est à risque, mais ces dossiers attendent toujours. »
L’ONG réitère tout de même sa volonté de continuer à prendre en charge les enfants en situation de rue, avec l’aide de l’État, en particulier le ministère de l’Égalité des genres.