Les jours se suivent et ne se ressemblent pas pour les enfants dits en situation de rue. Précarité, fléaux sociaux et expériences traumatisantes empiètent très tôt sur leur innocence. En 2017, la dure réalité qui prévaut au sein de certains quartiers défavorisés défie ce que préconise la convention relative aux Droits de l’Enfant de 1989. Alors que nous observons, le 26 novembre, la journée dédiée aux enfants des rues, Scope est allé à la rencontre de ces oubliés de la société, souvent privés du droit fondamental d’être des enfants.
Frais et pluvieux. Une météo lugubre en cet après-midi de jeudi à Bambous. Nous sommes plus précisément à Cité La Ferme, qui s’est retrouvée récemment sous les feux des projecteurs, par rapport à ses squatters et leur possible relogement dans les appartements sociaux de Bassin.
Nous parcourons les étroites rues de cette cité de l’ouest qui, malgré la pluie battante, grouille de vie. Des regroupements d’habitants sont visibles ici et là. Certains discutent en faisant passer une bouteille, d’autres s’adonnent à des jeux de société, une partie guette tout simplement le va-et-vient inhabituel : un convoi mortuaire s’apprête à sortir d’une rue adjacente. Sur notre parcours, la précarité de nombreuses maisons nous rappelle que l’extrême pauvreté bat toujours son plein dans l’île Maurice de 2017.