Du 23 au 31 janvier dernier, Rita Venkatasawmy a participé au International Visitor Leadership Program de l’ambassade des États-Unis à Maurice. La directrice du CEDEM, cette ong qui s’occupe d’enfants à problèmes divers, en est revenue « ressourcée et la tête pleine d’idées non pas novatrices, mais qui correspondent surtout à nos problématiques actuelles ». Elle prévient, une nouvelle fois, s’agissant de la réhabilitation des enfants ayant des problèmes à caractère psychologique et ceux souffrant de troubles comportementaux, qu’il faut « absolument un filtrage adéquat, un « proper screening », car mélanger ces enfants équivaut à aggraver leurs situations respectives ».
D’un récent séjour dans diverses villes américaines, dont Washington DC et New York ainsi que dans l’état de la Californie, Rita Venkatasawmy en est revenue « ressourcée et la tête pleine de projets ! » La directrice du CEDEM convient que « peu avant mon départ, je ressentais une certaine lassitude quant au combat en faveur de la réhabilitation des enfants victimes de traumas divers, à Maurice, car les choses stagnent trop ! Cela fait des années que nous, les travailleurs sociaux actifs sur ce terrain, nous nous battons pour, par exemple, un meilleur filtrage des enfants de par leurs problématiques spécifiques, mais rien de concret n’aboutit. Entretemps, c’est avec l’avenir de ces enfants que nous jouons… De même qu’avec la vie et l’engagement des travailleurs sociaux, car à partir d’un certain moment, on est découragés. »
De fait, ajoute notre interlocutrice, « ce voyage éducatif est tombé à pic ! Cette semaine intensive passée auprès de divers interlocuteurs, du gouvernement, du privé et de la société civile, comprise, m’ont ouvert les horizons d’une manière très positive ! » De tout cela, relève Mme Venkatasawmy, « je retiens surtout le fait que, justement, sans un filtrage approprié — ce qu’on appelle le « screening » — des types de problèmes dont souffrent certains de nos enfants, nous ne réussirons jamais à les aider concrètement ! » Et de rappeler que « la méthode actuelle, pratiquée à Maurice, ne prévoit, hélas ! un filtrage approprié, de la part des autorités locales. Cela amène une foule d’autres problématiques et complexités ! »
La directrice du CEDEM souligne, à cet effet, que « les enfants qui souffrent de troubles à caractère psychologique ne peuvent être traités de la même manière que ceux qui ont d’autres types de problèmes comportementaux. C’est une évidence. Pourtant, jusqu’à présent, et je le serine à chaque fois que j’en ai la possibilité, nous sommes continuellement confrontés à cette situation ! Ce n’est pas admissible que l’on fasse évoluer dans un même espace ces enfants ayant ces problématiques distincts ! » Et de renchérir : « Durant mes différents ateliers de travail, aux États-Unis, cette donne a été longuement débattue. Et mes interlocuteurs ont rappelé avec force que depuis des décennies, cette séparation des enfants ayant des problématiques diverses a donné des résultats probants ! » R. Venkatasawmy relève que « cela m’a étonné et rassuré, à la fois, de réaliser et comprendre que plusieurs des problématiques rencontrées auprès des enfants mauriciens correspondent à ceux des enfants du monde entier ! » Elle élabore : « Nous devons, d’abord, être heureux que Maurice n’est pas un pays où il y a la guerre ni les catastrophes naturelles comme les tsunamis ou les tremblements de terre par exemple. Car avec ces éléments, ce sont d’autres types de complications qui rendent encore plus vulnérables nos enfants. »
La directrice du CEDEM est parvenue à la conclusion, au retour de son voyage des États-Unis, que « sans une concertation des efforts, gouvernement, Ong, secteur public et société civile, nous n’allons jamais pouvoir nous en sortir. Surtout, sans une bonne et solide « policy » sur la question de la réhabilitation des enfants à problèmes, nous ne serons jamais sortis de l’auberge ! » Notre interlocutrice plaide pour « davantage de dialogue et de collaboration entre ces partenaires complémentaires dans ce combat ».