La ministre de l’Égalité des genres, du Développement de l’enfant et du Bien-être de la famille, Aurore Perraud, observe que son ministère a mis en place des programmes – tels le Child watch, le “mentoring”, le “foster care” et l’école des parents – pour assurer le développement et le bien-être de l’enfant. Cependant, « ces programmes n’ont pas atteint leur plein potentiel et demandent à être réactualisés ». C’était mardi lors de l’ouverture d’un deuxième atelier de travail à l’intention du personnel des institutions d’accueil pour enfants vulnérables, une initiative conjointe de la Child Development Unit (CDU), de l’African Network for the Prevention and Protection against Child Abuse and Neglect (ANPPCAN) et du Service Social International (SSI), à Phoenix.
« Si ces programmes fonctionnaient à 100%, je suis certaine que nos “shelters” seraient vides aujourd’hui », affirme la ministre Perraud, qui souligne que son rêve « est que chaque enfant mauricien puisse vivre dans une famille ». Elle indique que le ministère de tutelle « fait tout pour que les enfants des “shelters” puissent vivre dans un milieu familial ». En attendant que cela se concrétise, elle avance que, « comme recommandé par le Fact Finding Committee, nous devons aller davantage vers des unités plus spacieuses, mais avec moins d’enfants, plus aérées et mieux équipées pour les réhabiliter ». Aurore Perraud note qu’améliorer les infrastructures est une chose, mais sans une « amélioration des compétences des “care-givers”, du personnel et des responsables des “shelters”, nous n’avancerons pas d’un pas ». D’où l’importance de la formation du personnel, qui a lieu en ce moment à Phoenix. Selon elle, toute action envers un enfant ou toute parole qui lui est adressée sont importantes car « elles peuvent lui faire du bien comme elles peuvent le détruire ». Elle rappelle aussi qu’il y a des abris pour enfants vulnérables de tous les niveaux. « Certains sont très bien avec une bonne direction qui aime les enfants », dit-elle.
À la trentaine de participants de cet atelier de formation, assurée par des professionnels du SSI, la ministre souhaite qu’ils en sortent « encore plus forts pour pouvoir, à leur tour, former le personnel de leurs institutions afin de mieux encadrer les enfants ». Au Mauricien, Marie Jenny, coordonnatrice des projets spéciaux auprès du SSI, affirme que « l’objectif de cet atelier est de renforcer le groupe de formateurs, qui a bénéficié d’une première formation visant à améliorer le travail effectué auprès des enfants vulnérables vivant dans des institutions, en 2015 ». Le SSI soutient aussi le ministère de tutelle dans son effort d’aller de l’avant avec l’option de famille d’accueil pour chaque enfant.
La directrice de l’ANPPCAN, Marie-Josée Baudot, indique que le SSI a effectué une première visite à Maurice en 2014. « À cette occasion, ils ont visité les institutions et les Rehabilitation Youth Centres. Ils ont ensuite élaboré un programme spécifique pour Maurice », souligne la directrice. Elle précise que le personnel du ministère, responsable du département du développement de l’enfant, celui de la Child Development Unit et des Probation homes, avaient bénéficié de cette formation.
Marie-Josée Baudot ainsi que la présidente de la CDU, Marie Aimée Thomas, et Marie Jenny ont aussi pris la parole à cette occasion avant l’intervention de Fanny Cohen, conseillère en pédopsychiatrie, qui a parlé des besoins des enfants en institutions résidentielles. La formation s’échelonnera sur une semaine.