Combattre le changement climatique, protéger l’écosystème marin, éviter le gaspillage alimentaire, produire moins de déchets, recycler, consommer bio et plusieurs autres préoccupations écologiques sont au cœur des combats que mène une nouvelle génération, fortement décidée à faire entendre sa voix. #Climate Strike, # I Speak Blue Too, Tamarin Avenir Meilleur, Island Bio, Enn Losean Vivab, Zero Waste Mauritius, Foodwise Mauritius : autant de regroupements citoyens qui appellent à un changement durable.

“Quand le changement climatique passe du mythe à la réalité, les jeunes réalisent qu’il y a un problème”, avance Kan Chan Kin d’Enn Losean Vivab. “Cette mouvance de jeunes militants continue à s’agrandir car les conséquences nous explosent à la figure : changement climatique, flash flood, cyclones, etc. Nous sommes de plus en plus conscients que nous avons pris la mauvaise direction”, explique Oliver Fanfan, d’Island Bio. “Nous n’avons plus le choix”, avance Victoria Desvaux, militante écologiste au sein de Zero Waste Mauritius. “Une société positive est liée à un environnement positif. Les humains ont besoin de la planète alors que cette dernière pourrait survivre sans nous.” Shaama Sandooyea, initiatrice du mouvement Friday For the Future Mauritius, précise que les décideurs d’aujourd’hui ne sont pas composés de beaucoup de jeunes, mais “leur manque de prises de décisions ou leurs inactions gâchera l’avenir des jeunes dans un futur proche. Il faut prendre des actions dans l’immédiat”.

Prise de conscience.

Les réseaux sociaux ont contribué à un éveil écologique chez les jeunes. En un clic, on est en mesure de fédérer toute une communauté d’internautes à une cause environnementale. “Nous constatons cette vague de prise de conscience car les gens se connectent, discutent et partagent des idées”, confie Oliver Fanfan. Ces jeunes estiment qu’il est grand temps que les discours fassent place aux actions concrètes avant qu’il ne soit trop tard. “Nous pouvons apporter notre contribution par des mobilisations, mais ce sont nos décideurs qui sont les plus aptes à implémenter des projets qui auront un impact dans la réalité”, souligne Shaama Sandooyea, 22 ans. Lasse d’être uniquement observatrice de la dégradation de l’environnement, cette dernière a décidé, de concert avec un groupe de jeunes ayant la même vision, de prendre les choses en main et de créer l’événement Friday for Future à l’échelle locale. “Grâce aux réseaux sociaux, on a pu se mobiliser et rejoindre les 140 autres pays du mouvement”, confie cette étudiante de l’Université de Maurice. Une aubaine pour avoir une voix afin de faire pression sur les dirigeants dans le but de limiter le réchauffement climatique. “Maurice est signataire du COP 20 et s’est engagée à limiter le réchauffement climatique. Mais les promesses ne sont pas tenues et rien n’est fait pour se conformer aux accords signés.”

Inspirer et motiver les autres.

Créé en 2017, le collectif Enn Losean Vivab a comme objectif de sensibiliser la population sur notre écosystème marin par le biais d’activités artistiques, de clean up, de recyclage et de documentaires. Selon Kan Chan Kin, les jeunes réalisent l’ampleur du problème. Oliver Fanfan affirme que si un jeune n’a aujourd’hui pas les notions de base de l’écologie, il est considéré comme différent. “Les jeunes sont plus nombreux à s’affirmer en tant qu’écologistes. Même si c’est pour suivre une tendance, ils sont exposés à plus d’informations sur le péril environnemental. Ils sont conscientisés et peuvent inspirer et motiver les autres pour une cause.” Oliver Fanfan est fondateur et directeur d’Island Bio, une entreprise œuvrant en faveur de l’environnement et du social à travers la mise sur pied de jardins issus de la permaculture, gérés par des bénéficiaires en marge de la société.

Pour sa part, Victoria Desvaux estime que la culture écologique d’une entreprise pèse aussi dans la balance. Elle fait partie de Zero Waste Mauritius, un regroupement citoyen qui se positionne comme une plate-forme pour sensibiliser à la réduction de déchets par le recyclage. Une conscientisation qui passe par des causeries et interventions dans les écoles, chez des groupes de jeunes, etc. Tout comme les autres jeunes de ce mouvement, elle milite sur une base volontaire. Au quotidien, la jeune femme de 23 ans travaille en freelance sur différents projets en rapport avec l’environnement. “Même si c’est compliqué, je ne me vois pas faire autre chose ou travailler sur des projets qui ne seraient pas alignés avec mes valeurs.”