Dès 1998, j’ai découvert les « La Fontaine », « Hugo », « Giraudoux » ou « Petit Prince » du Développement personnel : John Powell, Stephen Covey, Scott Peck, Anthony Robbins, Daniel Goleman, avec une transversale : la réinvention des représentations mentales et des praxis.
Le secteur social n’y échappe pas. Car notre période postmoderne voit un dynamisme, voire une dynamique, qui dynamite ce secteur, postulant un passage de l’âge de pierre de la pensée sociale à un âge d’or.
Plusieurs exemples témoignent de cette vague qui touche les pensées, paroles et pratiques des citoyens du monde : les commerce équitable, tourisme solidaire et accès au micro-crédit, avec, notamment, Mohamed Yunus et la « Grameem Bank » ; l’entrepreneuriat social et la recherche des « changemakers » par Bill Drayton et sa Fondation Ashoka ; le croisement des savoirs et des pratiques initié par Joseph Wresinski et répandu dans le monde, avec les Universités populaires et bibliothèques de rue, par le Mouvement ATD Quart Monde ; la remise en question de la financiarisation à outrance de l’économie mondiale et l’émergence d’un « alter-mondialisme », voire d’un « alter-capitalisme » ; l’ingénierie sociale, initiée par le concept de développement communautaire, densifié aujourd’hui par la composante écologique ; le retour vers la terre et, avec lui, l’autosuffisance alimentaire, le partage et la sobriété dans les choix de vie, tel un esprit de pauvreté à la rescousse de la lutte contre la pauvreté ; face à cette dernière, les recherches neurologiques pour dénoncer son impact sur l’architecture cérébrale des enfants ; le refus de Sa Majesté le Roi du Bhoutan, Jigme Singye Wangchuck, de se laisser plier par l’unique couperet du PIB pour créer le Bonheur National Brut ; les sérieuses « futurist studies » de Copenhague. Tous ces exemples s’adjoignent à des « best practices » de ce qui se faisait déjà (réhabilitation et réinsertion ; apprentissage des métiers, arts et sports ; écoute et accompagnement psychosocial ; accès aux soins et prise en compte des handicaps et maladies ; etc.)
À partir et au-delà de ces exemples, nous pouvons retenir trois traits caractérisant cette Renaissance, traçant un cadre référentiel pertinent sur lequel nous sommes tous – bénévoles, volontaires, travailleurs sociaux, « Faith-Based Organisations (FBOs) », « CSR Foundations », club-services, etc. – invités à nous appuyer, et face auquel nous pouvons tous nous évaluer :