La première réunion du comité scientifique international de l’International Labour Route Project placé sous l’égide de l’UNESCO se déroulera à Maurice en début de semaine prochaine. Ce projet de la Route de l’Engagisme est l’aboutissement d’un travail de réhabilitation de la mémoire des engagés entrepris à Maurice. Un projet qui a été approuvé par l’UNESCO à Paris en octobre 2014, et dont le lancement de la conférence, liée à ce projet, avait été effectué par la ministre indienne des Affaires étrangères, Sushma Swaraj en novembre de la même année au Mahatma Gandhi Institute à Moka.
Cette conférence est l’un des rendez-vous les plus importants des pays qui ont été directement concernés par la « grande expérience » – le nouveau système de recrutement des travailleurs après l’abolition de l’esclavage. Pas moins d’une dizaine d’entre eux seront représentés à cette occasion.
Le projet de la Route de l’Engagisme est centré autour de l’Aapravasi Ghat, symbole de l’histoire de plus de 462 000 travailleurs engagés recrutés pour travailler dans les plantations sucrières de Maurice. Le dépôt d’immigration de l’Aapravasi Ghat, site classé patrimoine mondial par l’UNESCO, est l’un des seuls témoins tangibles encore existant dans le monde du phénomène de l’engagisme.
De plus, Maurice détient le plus grand dépôt de documentation sur le mouvement, à l’échelon mondial, des travailleurs indiens au XIXe siècle, soit près de 2 055 registres de papiers originaux qui sont d’une valeur historique inestimable. Ce patrimoine documentaire unique qui contient de précieuses informations sur plus de 400 000 travailleurs engagés indiens est inscrit au « Mémoire du Monde » de l’UNESCO.
Le projet de la Route de l’Engagisme vient ainsi compléter le projet de la Route des Esclaves, étant donné que les deux se rapportent au mouvement massif de personnes à travers les continents. Deux événements majeurs qui méritent d’être mis en lumière selon l’UNESCO. Cela, afin de contribuer à une meilleure compréhension de la dynamique du mouvement de millions de personnes et des cultures à cette époque et ainsi encourager le dialogue interculturel. Selon l’UNESCO, « l’ignorance ou l’occultation d’événements historiques majeurs constitue un obstacle à la compréhension mutuelle, à la réconciliation et à la coopération entre les peuples. »