Deuxième journée en jaune pour le Sud-africain Jaco Ferreira, qui a remporté la deuxième étape du Engen Tour de Maurice, dont l’arrivée était jugée à Goodlands. Cette étape, longue de 111 km, a été marquée par une échappée-fleuve, partie au km 15 et qui n’a jamais été rejointe. Il a bouclé l’étape en 2h53’56.
En passant la ligne d’arrivée, Jaco Ferreira souriait. Il avait bien raison : il vient de passer sa première vraie journée en jaune et il conserve son bien. « All good », lâche-t-il, un grand sourire aux lèvres.
De son côté, Yannick Lincoln sourit lui aussi. Il a pu remonter à la troisième place et avoue avoir passé une journée relativement tranquille. « Oui, c’était plus calme que prévu. »
Dans la dernière ligne droite, Jaco Ferreira, physique de grimpeur, a placé son attaque à 300 m de l’arrivée. La réaction survient deux secondes trop tard : le Sud-Africain ira lever les bras pour sa première victoire d’étape sur le Tour.
En fait, quand le départ est donné, c’est à un jeu d’observation que se livre le peloton. Sur la première partie de l’étape, personne ne veut prendre de risque. Mais au km 15, c’est le réveil.
C’est pourtant Richard Barret qui donne le ton, peu avant le by-pass menant à Triolet. Mais partant du principe que la meilleure défense est l’attaque, Jaco Ferreira et Willie Smit contrent et se retrouvent à la tête de la première — et seule — échappée du jour qui compte six coureurs, le maillot jaune Jaco Ferreira, le maillot blanc Willie Smit, (TSC/Af. du Sud), les Mauriciens du VCJCC-Bank One, Yannick Lincoln et Sébastien Tyack, l’autre Sud-Africain Adolph Krige (Bionic-V-Office) et le Réunionnais Christophe Boyer (VCSD). « C’était lui le plus dangereux », estimait Yannick Lincoln, hier à l’arrivée.
L’échappée du jour collabore. Tant et si bien qu’à eux six ils se retrouvent rapidement avec une avance de 1’10. Et toujours pas de réaction du peloton, qui semble avoir été emporté par le vent du Nord. On est à Pereybère (km 26).
Entre-temps, Adolph Krige, de la Bionic, a lâché. Le peloton compte alors deux minutes de retard sur l’échappée. Puis, au km 47, nouveau pointage. Et là, personne ne croit ses yeux. Pour cause ! L’ardoisier montre 4’00 d’avance. À Rivière-du-Rempart, c’est au tour de Sébastien Tyack de laisser filer l’échappée.
Et devant, la collaboration avait mené les fuyards à une avance de 6’15 sur le gros du peloton, et 4’00 sur Tyack et Krige. « C’était un jour avec, je dirai. Ça s’est très bien passé », avoue Lincoln.
À Salazie, on retrouve le quatuor de tête, avec Lincoln et Ferreira qui tentent la sortie. Mais Smit ramène dans son sillage Christophe Boyer. Donc, personne n’a lâché.
Le sprint est donc lancé dans les ultimes mètres de la course. Et c’est Ferreira, déjà paré de jaune, qui sera le plus rapide. Derrière lui, on retrouve son coéquipier Willie Smit et Yannick Lincoln, à deux secondes.
« Techniquement, nous n’avons pas voulu nous retrouver en position de défendre. Ç’aurait été plus compliqué pour nous de rester là à défendre », avance Jaco Ferreira.
Quant à Lincoln, il avoue être « content d’avoir flairé le bon coup. C’était mieux pour nous de gérer. Le jour parfait en somme. » Sauf que c’était assez difficile de se défaire du maillot jaune. « C’était carrément mission impossible. Mais l’important, c’est d’être confortablement installé. »
Ce qu’on retient de cette deuxième journée, c’est que le leader au général sera difficile à déloger. Ce Tour de Maurice, avec Jaco Ferreira et Willie Smit aux deux premières places, prend ainsi des allures sud-africaines.