Jaco Ferreira est devenu, à l’issue du contre-la-montre par équipes disputé hier après-midi sur l’autoroute de La Vigie (21,2 km), le premier maillot jaune du Engen Tour de Maurice 2012. Le Sud-Africain envoie ainsi un message qui tient en trois mots : « Je me battrai ! »
Le chrono réalisé par les cinq coureurs de la formation sud-africaine est le seul sous la barre des 28 minutes. Partis en 14e position, Ferreira, qui vient de terminer sur le podium des championnats du monde vétérans, et ses compagnons Willie Smit, Pieter Strobos et Henning Jooste ont mis 27’32 pour rallier la ligne d’arrivée.
Avant cela, le VCJCC-Bank One, mené par Yannick Lincoln, avait longtemps tenu le temps de référence en 28’01. « Ce n’était pas dans mes plans de prendre les devants dès aujourd’hui (ndlr hier) », confiait Lincoln à l’arrivée. Cependant, l’écart (29 secondes) risque de peser lourd à l’heure des comptes. « C’est beaucoup. En tout cas, il a vraiment annoncé la couleur », lâche le coureur du VCJCC-Bank One.
Après ces deux formations, on retrouve — presque sans surprise — l’UCRH Engen. Le quintet Hugo Caëtane, Pascal Ladaub, Ashley Sumbhoolaul, Michael Khedoo et Fabrice Bénard se retrouve au troisième rang avec ses 28’07. Troisième meilleur chrono et l’UCRH peut afficher un sourire sur le podium.
Derrière le trio de tête, on retrouve le Vélo Club de Saint Denis (VCSD), mené par l’inusable Richard Barret (troisième du Tour 2011) et le jeune loup aux longues dents Emmanuel Chamand (deuxième l’année dernière). Ce qui confirme que Chamand et Barret, associés dans la même équipe, peuvent faire mal, très mal même.
Si leurs journées ont été relativement calmes, ils ne veulent toutefois pas s’alarmer. « On verra comment se passe la journée de demain (ndlr : l’étape de ce matin) », confiait Lincoln. Ferreira, paré de jaune, avance dans la même direction. « We’ll see. But I think it’s easier to defend than to go on attacking and trying to take some more advantage », ajoutait-il hier après-midi.
Suivant donc leur logique, le duel annoncé entre Jaco Ferreira et Yannick Lincoln aura bien lieu. Pour l’un, il s’agira de maintenir ses adversaires à distance. Pour l’autre, il faudra récupérer le temps perdu.
« Je pense que les 29 secondes me laissent le temps de voir venir. Quand on a commencé le chrono, on y est allé vite, sans trop penser aux à-côtés. Ça paye, et nous avons trois gars avec 30 secondes devant », affirmait Jaco Ferreira.
Quant à Lincoln, il tente de relativiser. « Ce n’est pas le scénario idéal. J’aurais préféré me retrouver avec 5 ou 10 secondes de retard plutôt. Mais récupérer ces 30 secondes, c’est faisable », soulignait Lincoln.
Maintenant, les jambes ont commencé à tourner. Les explications risquent d’être chaudes. Où est-ce que les deux leaders prévoient de livrer la bataille déterminante ? Personne ne veut s’avancer à faire de pronostics. « Je ne vois pas d’écarts se creuser dans Pont Bon Dieu : ce n’est pas assez dur », commente Yannick Lincoln.
Quant à Ferreira, il pense à Chamarel. « Tout se décidera samedi », avance-t-il. En passant la ligne d’arrivée hier, Jaco Ferreira a lancé un message clair, disant qu’il était là pour gagner le Tour. Avec une première journée en jaune, il a accompli un rêve vieux de cinq ans : celui de porter le jaune. Il lui reste à confirmer…