Alors que les activités de l’Enhancement Programme (EP) débutent généralement en février, les maîtres d’école n’ont reçu aucune instruction dans ce sens pour la présente rentrée scolaire. D’où l’appel de la Primary School Education Union (PSEU) invitant le ministère de l’Éducation à se prononcer sur ce programme. Ce syndicat se dit d’ailleurs en faveur de la reconversion de l’EP en de “remedial classes”.
Quel avenir pour l’Enhancement Programme lancé par Vasant Bunwaree ? Cette question préoccupe parents et enseignants depuis la mise en place du nouveau gouvernement. À ce jour, les responsables d’écoles n’ont reçu aucune instruction à ce sujet. Si certains souhaitent son retrait pur et simple, estimant que l’EP n’a pas donné les résultats escomptés, d’autres préfèrent une réorganisation de ces activités extrascolaires. C’est le cas notamment de la PSEU, qui est montée au créneau pour demander au ministère de se prononcer.
« Généralement, l’EP commence en février. Nous sommes presque fin janvier et nous n’avons aucune indication quant à la poursuite ou pas de cette activité. Pour notre part, nous aurions souhaité que l’EP soit reconverti en de “remedial classes”. Cela donnerait un meilleur résultat », déclare le président du PSEU, Jeeanlall Kassinathdoos. Il rappelle que l’EP avait été lancé au moment de l’interdiction des leçons particulières en Std IV. « L’EP remplaçait d’une certaine manière les leçons particulières pour ces élèves. Malheureusement, ce projet n’a pas donné les résultats escomptés et a même fait l’objet de critiques dans le rapport de l’Audit. Nous pensons qu’il faut donner une deuxième chance à ce programme en écoutant la voix des enseignants. Avec le système de A+ et la course aux collèges nationaux, il est difficile de convaincre les parents avec de la musique et du slam. Mais si nous faisons des “remedial classes”, cela marchera mieux. Pour cela, il faut toutefois que les enseignants aient une certaine autonomie. »
Pour le président de la PSEU, il faut qu’une décision soit prise au plus vite. « Les parents qui envoient leurs enfants à l’EP ont leurs habitudes et savent que les enfants restent à l’école après 15h30. Actuellement, ils sont dans le flou et n’arrivent pas à s’organiser. D’autres, qui préfèrent un accompagnement académique, cherchent déjà des profs pour des leçons particulières. Ils ne l’auraient peut-être pas fait s’il y avait les “remedial classes”. »
Sollicité par Le Mauricien la semaine dernière, le ministère de l’Éducation avait laissé comprendre que l’EP était en cours d’évaluation et qu’une action appropriée serait prise à la lumière de cet exercice.
Par ailleurs, le syndicat invite également le ministère à se pencher sur le cas des “floating teachers”. Cette situation résulte d’un surplus d’instituteurs, ce qui fait que certains n’ont pas de classes à plein-temps. La PSEU est d’avis que, pour résoudre cette situation, les Deputy Head-Masters (DHM) ne devraient plus avoir de classes. « Nous pensons que les DHM devraient faire le travail administratif et laisser la place aux jeunes enseignants. Ils pourraient aussi aider pour les “non-examinable subjects”, comme la sécurité routière. » La PSEU invite ainsi le ministère de l’Éducation à considérer ces deux sujets en urgence pour une bonne organisation de l’année scolaire.