Les dernières analyses réalisées par la Mauritius Commercial Bank (voir détails plus loin) démontrent la gravité de la situation de ce phénomène économique hors du contrôle de Maurice, et à l’hôtel du gouvernement, même si veut éviter de tomber dans l’alarmisme, des mesures en vue d’éviter des licenciements et de protéger l’emploi sont actuellement en élaboration sous le National Resilience Fund de Rs 7,3 milliards. Des initiatives sont également envisagées en vue d’alléger les difficultés de liquidités rencontrées par les exportateurs, avec l’évolution du taux de change de l’euro par rapport à la roupie.
Les recoupements d’informations effectués par Week-End auprès des sources concordantes, que ce soit au sein du gouvernement ou dans le privé, soutiennent que le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Xavier-Luc Duval envisage d’animer une série de consultations à différents niveaux dans la semaine à venir, pour aborder les retombées de la crise économique européenne sur Maurice et les mesures envisagées pour parer à toute éventualité dans le court terme. D’ailleurs, depuis le début de l’année, le ministère des Finances avait pris l’initiative d’entreprendre une Impact Study à cet effet.
Les principales conclusions de cette étude des Finances établissent qu’avec deux-tiers des exportations destinées à l’Europe et le poids du marché européen dans le tourisme, « la récession anticipée en Europe pèsera lourd sur Maurice ». Les retombées devront se faire ressentir par rapport à la demande des biens et services venant de Maurice, avec la baisse dans la Consumer Confidence en Europe. La faiblesse de l’euro générant moins de roupies pour le même volume d’exportations vient se greffer sur la contraction de la demande.
« Les effets de ces deux facteurs découlant de la crise en Europe représentent de véritables inquiétudes pour Maurice. Une baisse dans les liquidités des compagnies exportatrices ou encore engagées dans le secteur du tourisme, pourrait déboucher sur des risques de fermeture d’usines, de licenciements et un ralentissement économique », déclare le vice-Premier ministre et ministre des Finances.
Dans cette perspective, en vue d’éviter, dans la mesure du possible, des licenciements et de venir en aide aux entreprises en difficulté, le Joint Working Group, comprenant des représentants du ministère des Finances et du Joint Economic Council, se réunira cette semaine sous la présidence du Grand Argentier. Le principal point à l’agenda de ces discussions concerne le fonctionnement du National Resilience Fund avec des dotations budgétaires de l’ordre de Rs 7,3 milliards.
« Le Joint Working Group se penchera sur les instruments et le mécanisme en vue de la mise en opération du National Resilience Fund pour lutter contre les licenciements. Ces facilités seront mises à la disposition non seulement des PME, mais également de tous les opérateurs qui en sentiront le besoin. Nous allons discuter d’une version revue et corrigée du Burden Sharing de 20-40-40 entre les entreprises, le gouvernement et les banques commerciales, et également le Sale and Lease Back pour encadrer les entreprises en difficultés et pour protéger les emplois », ajoute le vice-Premier ministre et ministre des Finances.
En contrepartie de cette assistance financière pour conjurer les effets de la crise dans la zone Euro, les entreprises bénéficiaires devront fournir la garantie qu’il n’y aura pas de compression du personnel. « Dans la conjoncture, il n’y a aucune panique. Nous pensons qu’il n’y a aucune raison de céder à l’alarmisme. Ce n’est pas le rôle du gouvernement d’être alarmiste. Avec les démarches en cours, nous voulons tout simplement rassurer non seulement les entrepreneurs, mais également les salariés, car dans le dernier budget, nous avons créé l’espace fiscal nécessaire, qui sera mis à profit le moment approprié », poursuit-il
Dans le même souffle, Xavier-Luc Duval présidera en début de semaine des réunions sectorielles avec les opérateurs engagés dans l’exportation et le tourisme, aussi bien que les représentants des ministères économiques concernés, pour passer en revue l’évolution de la situation sur les principaux marchés d’exportation. Ces échanges entre le gouvernement et le secteur privé devront confirmer l’étendue des pressions à la baisse sur la demande, et également voir formuler des mesures pour contrecarrer ces difficultés.
D’autre part, des sources bien renseignées n’écartent pas la possibilité que des mesures sur le plan monétaire, notamment la valeur de la roupie par rapport à l’euro, soient également proposées. Au ministère des Finances, l’on concède que l’évolution du taux de change de l’euro ces derniers temps constitue un sujet d’inquiétude pour les exportateurs.
Des discussions ont été engagées avec la Banque de Maurice pour établir les paramètres du taux de change euro-roupie sans porter préjudice aux opérateurs économiques. Mais aucune indication n’était disponible quant aux éventuelles mesures envisagées à cet effet.
En parallèle à ces consultations tous azimuts, le ministère des Finances assure un suivi systématique de la mise à exécution des principaux projets d’infrastructure, notamment dans le secteur routier, dans une tentative de doper la croissance, dans une conjoncture économique internationale des plus moroses.
Enfin, les dernières statistiques officielles publiées par la Banque de Maurice révèlent que pour le premier mois d’opération du Small and Medium Enterprises Financing Scheme, annoncé dans le budget 2012, une enveloppe de Rs 31,5 millions a été déboursée par les différentes banques commerciales. Ces dernières ont enregistré, en décembre, 54 demandes de financement pour un montant de Rs 71,2 millions à ce guichet spécial. La State Bank of Mauritius est de loin la banque la plus sollicitée par les petits entrepreneurs, soit 37 pour une demande d’aide de Rs 41 millions.