L’enquête de l’Independent Commission Against Corruption sur le scandale du siècle avec le rachat de la clinique MedPoint au coût de Rs 144,7 millions a franchi une nouvelle étape ce matin avec l’audition « under warning » de l’ancien ministre de l’Industrie et président du MSM. Showkutally Soodhun, qui a retenu les services de Mes Rachid Dawreeawo, Ravi Yerrigadoo et Rubina Jaddoo, a révélé aux limiers de l’Investigation Division de la commission anticorruption la source de ses renseignements sur les directives pour un deuxième exercice d’évaluation de la clinique, avec le coût passant de Rs 75 millions à Rs 125 millions. 
Le volet relatif aux confidences ministérielles au Dr Zooberr Joomaye, candidat malheureux du MMM aux dernières élections générales à Rivière-des-Anguilles/Souillac, ne souffre d’aucune controverse après l’interrogatoire du jour de l’ancien ministre de l’Alliance de l’Avenir défunte. Depuis ce matin, le suspense est relancé quant à l’identité de cette importante personnalité occupant d’importantes fonctions à l’hôtel du gouvernement citée formellement par le président du MSM. Comme il l’avait fait comprendre lors du run-up de cette déposition de vouloir tout dire, Showkutally Soodhun a révélé aux enquêteurs de l’ICAC cette information de taille, notamment le nom de son interlocuteur et les circonstances de cette information selon laquelle le Premier ministre Navin Ramgoolam aurait eu une rencontre alléguée avec le Dr Krishan Malhotra, le beau-frère de l’ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances Pravind Jugnuath, et les directives présumées au Chief Government Valuer Yodhun Bissessur en vue d’entreprendre un deuxième exercice d’évaluation de la clinique MedPoint.
Les recoupements effectués auprès des milieux concordants indiquent que Showkutally Soodhun aurait fait comprendre à la commission anticorruption qu’il s’était trouvé en présence de ces détails après la première semaine de juin dernier mais avant le 24 juin, quand il s’était vu muter par le Premier ministre du ministère du Commerce à celui des Coopératives après l’épisode du contrat du fret pétrolier à la firme Betamax, avec des proches du ministre Rajesh Jeetah comme principaux actionnaires. 
Showkutally Soodhun se trouvait en compagnie de cette personnalité et le sujet des échanges était les différents problèmes internes, dont avait à faire face le gouvernement. C’est à ce moment que le dossier MedPoint, avec les « révélations » en question, avait été abordé. Le nom de la source de l’ancien ministre n’est pas passé inaperçu lors de la déposition compte tenu des répercussions possibles sur le plan politique.
Avec ce développement, l’ICAC n’aura d’autre choix que de confronter cette importante personnalité aux détails avancés par le président du MSM. Très peu de détails ont transpiré quant à la formule que pourrait prendre cette prochaine étape de l’enquête. À ce stade, la teneur de la déposition de Showkutally Soodhun est passée au peigne.
Jusqu’ici, le Dr Malhotra a émis un communiqué par le truchement de son homme de loi Me Sunil Bheeroo pour nier catégoriquement toute rencontre avec le Premier ministre au sujet de la clinique MedPoint. Le Chief Government Valuer Yodhun Bissessur a été entendu en pas moins de deux occasions par le Central CID à ce sujet et a nié avoir des directives ou d’appel téléphonique de Navin Ramgoolam pour cette deuxième évaluation de la clinique. Le Premier ministre a consigné une déposition dénonçant le leader de l’opposition Paul Bérenger pour le délit allégué de « diffusing false news » au sujet de cette même affaire.
Concernant le volet des confidences faites en deux étapes, soit le 24 juin dans l’enceinte de la clinique MedPoint et le 1er juillet, Showkutally Soodhun a confirmé la version des faits consignée vendredi dernier à l’ICAC par Zouberr Joomaye. Des enquêteurs de la commission anticorruption continuent à éplucher les détails de la « written statement » soumise la semaine dernière par l’ancienne ministre de la Santé Maya Hanoomanjee, sous le coup d’une inculpation provisoire sous l’article 7 de la Prevention of Corruption Act. Divers points avancés par Mme Hanoomanjee sont soumis à des vérifications et contre-vérifications auprès d’autres hauts cadres du ministère de la Santé concernés de près ou de loin par le projet de National Geriatric Hospital.
Le No 2 technique au ministère le Dr Keyvoobalan Pauvaday, qui a été tenu à l’écart des procédures comme d’autres médecins, a été convoqué jeudi dernier à l’ICAC où il a eu l’occasion de contredire la version de l’ancienne ministre le concernant. D’autres fonctionnaires, notamment ceux qui ont participé à la réunion du 8 juillet 2010 au ministère, avec pour conséquence la correspondance portant la fameuse référence « My Dear Pravind » et signée de Maya Hanoomanjee, sont également concernés par cet exercice de contre-vérification.
En principe, Maya Hanoomanjee doit être entendue une dernière fois à l’ICAC dans les prochains jours.