Plus d’un mois que l’Independent Commission against Corruption (ICAC) a été saisie de deux dossiers où des ministres, dont Satish Faugoo et Michael Sik Yuen, ont soutenu être prêts à collaborer à toute enquête pour faire la lumière sur des zones d’ombre alléguées. Or, jusqu’ici, très peu de renseignements ont transpiré quant aux décisions entérinées par la Commission dans le sillage des preliminary investigations enclenchées.
Week-End n’a pas été en mesure de confirmer officiellement si dans le cas des allégations de nomination d’un ancien conseiller municipal de Curepipe en tant que Liaison Officer à la Small and Medium Enterprises Development Authority (SMEDA) pourrait donner lieu à un audit des procédures en place dans ce ministère au lieu d’une full fledged inquiry avec convocations et interrogatoires des principaux concernés par un délit apparent de trafic d’influence au plus haut niveau dudit ministère.
L’ICAC, par le truchement de la System Enhancement Branch, peut décider de procéder à une Corruption Prevention Review des systèmes et modes de gestion en place en vue d’éliminer les risques de corruption. Néanmoins, la possibilité d’avoir recours à cette formule dans le cas de la nomination du Liaison Officer à la SMEDA se heurte de front aux explications et objections du chef de Cabinet contre les procédures adoptées pour contourner les réglements.
Dans des échanges de correspondances, ce haut fonctionnaire avait attiré l’attention en des termes catégoriques que cette nomination ne pouvait se faire, surtout avec des changements dans le traitement salarial en vue d’ouvrir la porte des fringe benefits de duty free car au bénéficiaire. Pourtant, le subalterne de ce haut fonctionnaire a passé outre ces directives administratives pour se plier à des ordres politiques.
Jusqu’ici, les mouvements au niveau de l’enquête de l’ICAC semblent relativement lents. Probablement, avec la fin de l’affaire MedPoint, des ressources additionnelles pourraient être redéployées pour conclure ce qui est présenté comme un straightforward case vu le nombre restreint de protagonistes impliqués.
Après un démarrage en fanfare avec une escouade de l’ICAC débarquant dans les bureaux de Rose-Belle Sugar Estate, l’enquête sur le projet de Rose Garden Residences semble piétiner. À part la campagne d’explications du ministre Faugoo, très peu de renseignements sont disponibles quant aux intentions de l’ICAC. Le flou est tel dans l’enquête sur ce projet avec un manque à gagner de plusieurs millions qu’un groupe d’employés de la compagnie sucrière a écrit officiellement aux autorités pour réclamer l’institution d’un Fact Finding Committee sur des cas d’abus de pouvoirs.
La cible est un haut cadre de la compagnie sucrière d’État qui fait la pluie et le beau temps au préjudice du personnel. Un véritable chapelets de reproches allant du mismanagement des fonds à des cas de harcèlement moral est énuméré à l’encontre de ce responsable décrit comme étant « the adviser of the ex-General Manager on all issues on the estate, be it Court cases, vetting of all leasing agreements before submitting to notaries and the one who perused all documents regarding the land sold to Indian Consortium (Rose Garden Residences ».
La teneur de cette lettre de dénonciations, déjà transmise aux autorités, a jeté le désarroi au sein de l’administration de Rose-Belle depuis la fin de la semaine avec les employés souhaitant voir les développements intervenir dans la bonne direction pour le bien-être du personnel.
De son côté, l’université de Maurice n’est pas exempte de dénonciations. Une communication a été adressée au directeur général de l’ICAC, avec copies au Premier ministre, Navin Ramgoolam, au leader de l’opposition, Paul Bérenger, et à la presse. Deux hauts cadres du campus du Réduit sont accusés d’une série de cas de maladministration, dont
l’utilisation abusive de la flotte de véhicules de l’université de Maurice alors que les officiers concernés sont bénéficiaires de facilités hors taxes sur leurs voitures personnelles,
non-respect de procédures pour l’octroi du contrat pour la construction du Food Kiosk de l’Engineering Tower avec les coûts dépassant nettement le budget de Rs 350 000 prévu avec l’université de Maurice encourant les frais des heures supplémentaires non-autorisées et
l’octroi de bourses et de déplacements à l’étranger et des promotions à des protégés au détriment des membres du personnel universitaire les plus méritants.