Deux semaines après des événements dramatiques au poste de police de Rivière-Noire, avec le décès « Under Police Custody » d’Iqbal Toofany, un habitant de Vacoas âgé de 42 ans, l’enquête sur des allégations de brutalités a pris une nouvelle tournure. Ainsi, le Star Witness, âgé de 58 ans, habitant Rivière-Noire, avait rendez-vous au Central CID hier soir pour consigner sa déposition puis participer à une descente des lieux dans les parages du poste de police de Rivière-Noire dans la nuit d’hier à ce matin. La conséquence logique de cette étape devrait être une nouvelle convocation pour interrogatoire et probablement pour une détention en cellule des cinq policiers suspects, soit le sergent Parsand et les constables Laboudeuse, Ragoo, Gaiqui et Nouma.
Ce témoin vedette, qui a juré un affidavit donnant des détails sur les actes de brutalité attribués à cinq membres de la CID de Rivière-Noire, a été entendu en début de soirée hier par des limiers du Central CID en présence de son homme de loi, Me Assad Peeroo. Le plan de travail établi est que tard dans la nuit d’hier à ce matin, soit presque qu’à la même heure où auraient été commis les faits allégués, ce quinquagénaire, qui travaillait sur un chantier de construction à côté du poste de police, devait se rendre sur les lieux pour une reconstitution.
D’entrée de jeu, le Star Witness devra indiquer aux enquêteurs et photographes de la police l’endroit où il avait croisé le sergent Gaiqui dans la nuit du 1er février. À ce moment précis, le sergent de police, qui grillait une cigarette, aurait indiqué à ce témoin que « mo inn trappe enn kouyon ki finn kokin loto. En fors, mo inn bat li, mo lame inn vinn ruz. Li pa dire mem ».
Par la suite, sa curiosité aurait été aiguisée par des cris « Pa bat mwa ! Mo pa finn kokin ! » Il se serait rapproché du mur séparant le site de travail et le poste de police pour comprendre ce qui s’y déroulait.
Le Star Witness devra confirmer ce qu’il avait affirmé dans son affidavit soumis à la Commission nationale des Droits de l’Homme mardi après-midi, à l’effet qu’il a vu quatre policiers agressant un homme. « So latet ti pe ale vini ek li ti pe gagn bate », devait ajouter ce témoin oculaire. À un certain, moment, il aurait même entendu : « Si to pa dir, nou pou touy twa. »
Subséquement, le témoin ajoute avoir vu vers les 5 heures du matin des policiers transportant un homme « kumadir enn zanimo » pour le placer dans un véhicule de la police. Lors de la reconstitution d’hier soir, les limiers du Central CID ont voulu mettre à l’épreuve la version de ce témoin dans les mêmes conditions du drame.
Le Star Witness, qui affirme être en mesure de procéder à l’identification des policiers suspects, devrait de nouveau se rendre au QG du Central CID aujourd’hui vu que les cinq policiers ont été convoqués pour de nouvelles séances d’interrogatoire et une éventuelle arrestation. Intervenant lors de la Private Notice Question du leader du MMM, Paul Bérenger, mardi dernier, le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a fait état de son mécontentement que les cinq policiers aient été remis en liberté sous caution.
Par ailleurs, le commissaire de police par intérim, Mario Nobin, a autorisé officiellement la marche pacifique organisée par le comité de soutien pour Iqbal Toofany dimanche. Le point de départ sera la place Khadafi à Plaine-Verte et le slogan « Non à la brutalité policière ! Justice ». Cette manifestation coïncide avec la journée mondiale contre les violences…