À la suite de la motion de Me Ramchurn, avocat de la famille Ramdhony, la magistrate Shefali Ganoo a demandé au parquet de lui remettre les statements de ses clients. Les sentries en poste le jour où il a été retrouvé mort en cellule ont indiqué qu’Anand Kumar Ramdhony ne présentait aucun signe suicidaire.
Alors que l’audition des témoins dans l’enquête judiciaire sur la mort d’Anand Kumar Ramdhony se poursuivait ce matin à la Cour de district de Rivière-du-Rempart (Mapou), l’avocat de la famille du défunt, Me Viren Ramchurn, a présenté une motion « for the communication of the brief », soutenant ne pas être en possession de documents ou de statements. Toutefois, les avocats du bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP) ont objecté à cette demande. Selon Me Abdool Raheem Tajoodeen, qui a débattu sur la demande du watching brief, il n’y a pas lieu de remettre le brief à ce dernier, faisant ressortir que dans le cadre d’une enquête judiciaire il n’y a ni accusation ni défense. Il a cité les articles 110 et 111 de la District and Intermediate Courts (Criminal Jurisdiction) Act pour appuyer ses dires. L’avocat du parquet a déclaré que c’est le DPP qui décide d’initier une enquête judiciaire et qu’il ne s’agit ni d’un procès ni d’une enquête préliminaire. « The purpose is that the magistrate, through depositions of witnesses, enquires into the cause of death and circumstances it happened », a-t-il soutenu. Et d’ajouter que comme il n’y a pas de contre-interrogatoire, l’homme de loi de la famille Ramdhony n’a pas besoin des statements.
Me Viren Ramchurn a de son côté fait comprendre que le rôle de tout avocat est d’éclairer la cour sur une enquête. « My friends are priviledged to hold the documents within their hands but we stand here without nothing », a-t-il expliqué. L’avocat a soutenu ne pas vouloir des documents qui « touchent à la sécurité nationale » mais qu’il faut avant tout « promote the interests of justice ».
La magistrate Shefali Ganoo, présidente de la Cour de district de Mapou, a dans son ruling accordé certains documents au watching brief. Elle a demandé au parquet de lui donner des copies des statements des parties qu’il représente en cour.
Le Chef inspecteur (CI) Musafeer, responsable du poste de police de Rivière-du-Rempart à l’époque, a été de nouveau appelé à la barre des témoins. Il a soutenu qu’il a été informé dans les petites heures du matin d’un cas de pendaison dans une cellule du poste de police où il était affecté. Une fois sur les lieux, il a soutenu que ses supérieurs avaient déjà été contactés et qu’il a fait sceller la porte avec de la cire après avoir inspecté la cellule d’Anand Kumar Ramdhony.
Le haut gradé a soutenu avoir donné des instructions à ceux qui ont travaillé ce soir-là de rester disponibles au poste pour les besoins de l’enquête. Le CI Musafeer a expliqué qu’il a assisté à l’exercice du Police Photographer et du Draftman du Scene of Crime Office (SOCO). Répondant aux questions sur l’état de la porte de la cellule, le CI a indiqué que les cellules ont fait l’objet d’une maintenance deux mois avant la mort du détenu et que les portes étaient en bon état.
Anand Kumar Ramdhony ne laissait paraître aucun signe suicidaire selon les gardes qui ont travaillé le jour fatidique. À la barre des témoins, les constables Bissessur et Madhoo ont indiqué avoir vérifié si tout allait bien pour les détenus au début de leur service. Le constable Bissessur a effectué une nouvelle vérification aux environs de 3 h 21 avec son collègue le constable Sooknah mais tout allait bien. C’est vers 4 h 30 du matin que le constable Sooknah l’aurait averti que Ramdhony ne répondait pas. La porte, selon lui, ne pouvait s’ouvrir parce que quelque chose la bloquait de l’intérieur. Le constable Sooknah a alors coupé un tissu qui la bloquait afin de pouvoir entrer dans la cellule. Il a soutenu avoir vu Ramdhony assis avec le bout de tissu autour du cou. Il a vérifié le pouls de ce dernier et a constaté son décès.
Le Constable Seewoochursing a quant à lui enquêté sur le vol de la montre valant Rs 7 000 rapportée par Marie France Bigaignon. Les enquêteurs en ont conclu que c’est son époux qui avait commis le forfait. Il serait passé aux aveux et déclaré avoir vendu la montre à Ramdhony. Selon le policier, certaines sources disent que les deux hommes étaient impliqués dans plusieurs cas de vols. La montre n’a toutefois jamais été retrouvée.
L’enquête judiciaire se poursuit aujourd’hui à Mapou.