Les travaux dans le cadre de l’enquête préliminaire sur la mort de Stacey Henrisson ont pris fin hier après-midi au tribunal de Flacq. Le matin, le Principal Police Medical Officer, le Dr Maxwell Monvoisin, qui avait autopsié le corps le 13 mai 2012, a déposé. Se basant sur son rapport et les blessures relevées lors de l’autopsie, le médecin légiste a expliqué les circonstances dans lesquelles Stacey Henrisson aurait trouvé la mort. L’adolescente qui une semaine après sa mort avait toujours 319mg d’alcool dans son sang est morte asphyxiée et portait plusieurs blessures. Un forensic scientist qui a déposé a par ailleurs confirmé que du sang retrouvé sur un drap dissimulé dans les poubelles de l’accusé à Bonne-Mère était bien celui de la victime.
Stacey Henrisson avait le cou, les mains et les pieds ligotés d’une seule corde à l’arrière au niveau des hanches. C’est dans cet état que le Dr Maxwell Monvoisin a reçu le cadavre de la victime pour être autopsié à la morgue de Candos. Selon le médecin légiste, le corps était dans un état de décomposition modéré et le décès remontait à une semaine. Le sang de la victime avait été envoyé au Forensic Science Laboratory qui a conclu que Stacey Henrisson, une semaine après sa mort, avait 319 mg d’alcool dans son sang. Cela, a expliqué le Dr Monvoisin, représente une quantité conséquente d’alcool et indique que la jeune fille avait beaucoup bu le jour de sa mort. « She was properly drunk », a souligné le médecin. La cause du décès a été attribuée à « smothering ». Il a expliqué que les blessures relevées lors de l’autopsie indiquaient que la jeune fille avait été asphyxiée. La partie de la lèvre se trouvant sous le nez à l’intérieur de la bouche était blessée alors que plusieurs petites veines avaient subi des hémorragies. « The capillary veinals were dilated which is the result when someone is craving for air and the negative pressure caused by trying to get air caused the capillary veinals to burts », a-t-il soutenu. Par ailleurs, Stacey Henrisson portait plusieurs blessures sur le visage dont un bleu sur la joue démontrant qu’elle avait été violemment giflée. Cependant, l’autopsie n’avait révélé aucune marque ou trace de défense. Compte tenu de l’état d’ébriété dans lequel elle se trouvait ce jour-là, explique le médecin légiste, il aurait été difficile pour elle de se défendre. Son agresseur par contre n’aurait pas eu à utiliser une grande force pour la tuer. « She was easily killed as she was drunk. It could have been the manuel application of a soft pillow or her head pressed against the mattress », a expliqué le Dr Monvoisin. Répondant aux questions de l’avocat de la défense, Me Avisneshwar Raj Dayal, lors du contre-interrogatoire, le médecin légiste a soutenu que les blessures retrouvées sur le corps de Stacey Henrisson remontaient à avant sa mort.
Le Police Constable Jean François Numa, qui lors des fouilles avait saisi certains objets au domicile de l’accusé à Bonne Mère, a également déposé. Il a produit le contenu du laptop bag retrouvé dans le van de l’accusé le jour de son arrestation. Ce sac comportait plusieurs documents tels que des passeports, des chèques, des informations personnelles sur des comptes bancaires, de l’argent ainsi qu’un téléphone portable. Lors de fouilles, des objets appartenant à Stacey Henrisson ainsi qu’un drap taché de sang avaient été retrouvés dans un sac-poubelle dans la cour du domicile de Jayraj Sookur à Bonne-Mère. Le drap en question ainsi qu’une serviette trouvée dans la maison avaient été envoyés au FSL à des fins d’analyses. Mohamed Adil Toofany, Forensic Scientist qui a examiné ces exhibits, a produit son rapport hier. Le sang prélevé sur cette serviette et le drap retrouvé dans la poubelle correspond à l’ADN de Stacey Henrisson, indique-t-il, alors que du sperme prélevé sur ce même drap est celui de Jayraj Sookur. Le Forensic Scientist a par ailleurs confirmé à la Cour que le sac en plastique noir utilisé pour couvrir le corps de Stacey Henrisson était identique aux sacs retrouvés dans la cour de l’accusé. « They had similar identification markings », a soutenu M. Toofany. Après la déposition de ce témoin, le représentant de la Poursuite Me Medhi Manrakhan a clos les travaux. La défense a fait savoir qu’elle n’avait aucun témoin. La magistrate ayant présidé les travaux, Razia Jannoo-Juanbocus, a informé l’accusé de son droit de s’adresser à la Cour. La déclaration de Jayraj Sookur a surpris plus d’un. « Mo pa dakor, sa mem tou mo ena pou dir », devait-il déclarer à la Cour. La magistrate fera connaître les conclusions de l’enquête le 3 septembre.