La direction d’un shelter des Plaines-Wilhems se retrouve dans une situation des plus délicates avec de graves accusations formulées contre elle par trois pensionnaires. Âgées de 8 à 15 ans, elles affirment avoir été victimes de violence caractérisée depuis l’année dernière au moins par deux responsables de ce centre. Pour fuir les traitements abusifs et violents qu’elles disent avoir subi, elles sont allées se réfugier chez une proche. Dans la soirée, elles ont consigné une déposition formelle au poste de police de Vacoas, en présence d’une Family Welfare and Protection Officer, pour dénoncer la direction.
Les informations recueillies par Le Mauricien indiquent que l’interrogatoire de la propriétaire de ce shelter, Asha Guness, ne devrait intervenir que cet après-midi au poste de police de Vacoas, en vue d’obtenir ses explications quant à ces allégations d’actes de violence exercés par deux responsables. Dans la déposition consignée à la police, l’une des trois présumées victimes a d’abord déclaré qu’elle habite dans ce centre depuis le 13 mai 2012 et que les actes de violence ont débuté la même année. Cette adolescente de 13 ans a allégué que l’année dernière, d’autres internes avaient rapporté à “Miss K” qu’elle avait tenté de fuir ce centre. Cette responsable devait alors convoquer la jeune fille avant, affirme-t-elle, de l’agresser à coup de bâtons sur les paumes. « Mo finn gagn mari dimal ek mo lamin ti anfle », devait-elle raconter à la police.
Mais le « martyre » allégué de cette adolescente était loin d’être terminé. Elle a affirmé aux policiers qu’à une autre occasion, ses copines du shelter devaient lui jouer un mauvais tour en rapportant aux responsables qu’elle avait embrassé une autre pensionnaire. “Miss K” et une autre miss, “J”, auraient infligé à la jeune fille une nouvelle correction, sur la terrasse du shelter. L’une des deux aurait donné des coups de bâton sur les paumes de la jeune fille tandis que l’autre s’asseyait et regardait la scène.
L’adolescente ajoute que l’année dernière encore, “Miss K” l’avait emmenée, ainsi qu’une autre interne, à l’anniversaire de son beau-frère où l’alcool coulait à flot. Le lendemain, cette fille de 13 ans devait raconter le déroulement de cette fête à ses copines du shelter. Ayant eu vent de ces confidences, “Miss K” devait lui infliger une correction un peu plus musclée que les fois précédentes. « Miss K inn crier mwa dan salon. Linn fer mwa asiz lor enn chaise ek finn tap mwa kout baton lor mo la cuisse. Kan mo sey sove dan sa moman-la, li finn riss mwa ek finn tap mwa lor mo lebra ziska bâton la cassé », a-t-elle allégué à la police.
Ce jour-là, poursuit-elle, “Miss K” aurait par la suite demandé à une pensionnaire d’apporter un autre bâton pour poursuivre cette correction jusqu’à effusion de sang. « Li finn kontinie bat mwa lor mo lebra. Monn gagn extra dimal ek disan ti pe sorti » devait-elle alléguer tout en soutenant qu’elle hurlait de douleur, avec ses doigts et son coude gauche enflés.
La jeune fille allègue encore qu’elle subissait des humiliations à chaque occasion où elle désobéissait aux responsables. Elle a raconté à la police comment en une occasion elle a été la risée du shelter quand “Miss K” et “J” lui ont ordonné de « riss mo zorey ek sot sote kouma enn lapin. Mo de kamarad ousi inn pass ladan. Plizier fwa zot fer mwa asiz dan vide koumadir mo ti lor enn chaise ! ».
Lasses de subir ces traitements abusifs et violents, les trois filles ont élaboré un plan hier pour fuir le shelter pour chercher refuge chez une proche à Cité Malherbes. Depuis hier soir, soit après avoir été retrouvées par la police vers 22h30, elles ont été admises au l’hôpital Jeetoo. L’enquête se poursuit.