Dans le cadre de l’enquête de l’Anti-Drug and Smuggling Unit (ADSU) de Plaine-Verte sur le démantèlement d’un des plus importants réseaux de trafiquants de drogue opérant à Maurice avec jusqu’ici huit arrestations, d’autres High Profile Cases, comme le scandale Boskalis des pots-de-vin de Rs 30 millions contre des contrats dans le port, sont sur le point d’être bouclés. Les informations recueillies de sources bien informées indiquent que les dossiers de l’affaire Boskalis et du meurtre atroce de la jeune lycéenne Stacey Henrisson devront atterrir sous peu sur la table du Directeur des poursuites publiques Me Satyajit Boolell (Senior Counsel). Par contre, la réouverture de l’enquête sur le meurtre de la jeune Irlandaise, Michaela Harte, dans la chambre 1025 au Legends à Grand-Gaube, ne devrait pas déboucher sur des conclusions dans l’immédiat, vu que les limiers de la Special Squad menée par le surintendant Yasdev Callee poursuivent encore le travail de reconstitution complète du dossier.
Dans la conjoncture, avec le transfert des services de l’Office of the Director of Public Prosecutions dans de nouveaux locaux à Garden Tower à la rue La Poudrière à partir de lundi, l’un des premiers dossiers majeurs de la police à être reçu devrait être les conclusions de l’enquête sur le meurtre de Stacey Henrisson commis à Bonne-Mère, Flacq, dans la soirée du 5 mai. Le beau-père de la victime, Jayraj Sookur, masseur professionnel de son état, demeure le meurtrier présumé.
Le Central CID, qui s’est vu confier l’enquête sur ce meurtre de sang froid après les conclusions de celle des limiers de la CID de la Western Division menés par l’assistant surintendant de police, Daniel Monvoisin, n’aura trouvé rien à redire sur les méthodes adoptées et les conclusions. D’autre part, les allégations d’actes de brutalité policière ou encore de « blackmail » policier en vue de pousser le beau-père de Stacey Henrisson à avouer le crime n’ont pas été prouvées.
L’une des raisons pour laquelle l’escouade de l’ASP Monvoisin avait été dessaisie de cette enquête à une étape tardive est que Jayraj Sookur avait porté plainte, après son incarcération à la prison de Beau-Bassin, contre le traitement qu’il aurait subi entre les mains des enquêteurs de la Western Division. Dans une Prisoner’s Letter au commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, il avait également promis des révélations sur ce meurtre. Il avait allégué que la jeune lycéenne était déjà morte le samedi 5 mai quand il était arrivé chez lui dans l’enceinte du Myassa Healing Centre.
En fin de compte, des membres du Central CID sous la supervision de l’assistant commissaire de police Pregassen Vuddamalay, après avoir entendu le suspect à plusieurs reprises à la prison et après une révision complète des procédures adoptées et des preuves formelles établies, a maintenu le statu quo. Les autorités compétentes ont été informées qu’aucun reproche ne peut être retenu contre les hommes de l’ASP Monvoisin sur ce dossier.
À ce stade, tout semble indiquer que le chef enquêteur dans le meurtre de Stacey Henrisson, qui avait dû encaisser le coup au moment du retrait de ce dossier, sera rétabli dans ses droits pour la conclusion recommandant l’institution d’une enquête préliminaire devant le magistrat du tribunal de Flacq incessamment même si le cadavre de la jeune victime avait été jeté dans un ravin à Plaine-Champagne dans la même nuit du 5 au 6 mai. La décision du DPP ne devrait pas tarder une fois le Form 100 soumis car aux étapes cruciales de cette enquête, des consultations étroites étaient tenues entre les officiels du DPP’s Office et le Chief Investigative Officer sur la marche à suivre.
L’autre enquête policière qui a défrayé la chronique – le scandale Boskalis avec l’arrestation et l’inculpation provisoire d’un ancien ministre travailliste Siddick Chady et d’un ancien candidat du MSM et directeur du Board of Investment Prakash Maunthrooa – est sur le point d’être bouclée. Aux dernières nouvelles, les responsables de cette enquête, les ACP Vuddamalay et Jangi, étaient dans l’attente de documents bancaires suite à des Judge’s Orders pour être versés dans le dossier à charge.
En principe, des pots-de-vin allégués variant entre Rs 27 millions et Rs 30 millions ont été versés aux principaux concernés dans le cadre de l’octroi de contrat pour les travaux de dragage dans le port. Il ne fait aucun doute que le Central CID recommandera des poursuites au pénal contre les deux principales têtes de série, Siddick Chady et Prakash Maunthrooa.
Les autres suspects, inculpés provisoirement, resteront suspendus à la stratégie du DPP pour instruire ce procès même si le délit commis remonte à plus de six ans. La police ne compte pas faire le tri parmi les suspects susceptibles d’apporter les preuves formelles contre les cerveaux derrière ce scandale laissant le soin au DPP d’en décider.
Pour ce qui est du troisième High Profile Case, soit l’enquête revue et corrigée du meurtre au Legends, l’état-major de la police prévoit qu’il faudra attendre vers la fin de ce mois-ci les premiers résultats de nouveaux tests ADN ou encore des analyses Forensic des exhibits. Il y a une dizaine de jours, un spécialiste de ce genre d’exercices pointus, était à Maurice pour des consultations avec les autorités au sujet de la nouvelle orientation à être donnée à l’enquête. Toute décision dépendra dans une grande mesure de ces résultats, s’appesantit-on dans les milieux autorisés aux Casernes centrales.