Le deuxième jour d’auditions de témoins depuis la réouverture de la double enquête sur le cambriolage allégué au campement de Roches-Noires, dans la nuit du 3 juillet 2011, et du suicide présumé d’Anand Kumar Ramdony en cellule policière le 31 juillet de la même année sera déterminant. La version du troisième vigile de la société Brinks, assurant le gardiennage du bungalow au coût de Rs 41 millions, et également un ancien sergent de police, consignée au QG du Central CID dans la journée d’hier, constitue en effet une pièce majeure dans le puzzle de ce qui aurait bien pu se passer dans le bungalow de l’ancien Premier ministre et leader du PTr Navin Ramgoolam. Pour une rare fois, un témoin est venu de l’avant pour faire état d’une présence féminine sur les lieux à Roches-Noires dans la nuit du 2 au 3 juillet alors que le principal protagoniste, Rakesh Gooljaury, a toujours affirmé qu’il était seul au bungalow « at the material time ».
Le défilé des témoins se poursuivant dans la discrétion en vue de garantir l’intégrité des versions des faits, l’enquête confiée au Central CID, sous la supervision de l’assistant commissaire de police Heman Jangi, semble progresser de manière satisfaisante. Le troisième vigile, entendu hier, a apporté des compléments d’informations sur ce qui s’est passé au campement de Navin Ramgoolam tout en peaufinant la chronologie des événements dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011.
Cet ancien sergent de police, employé par la société Brinks, a fait comprendre qu’au moment des incidents dans le bungalow de Roches-Noires, il avait été appelé en renfort pour prêter main-forte à ses collègues, qui étaient déjà sur place. Il semblerait qu’il s’était rendu sur place une dizaine de minutes après l’alerte à l’incident, soit aux alentours de 1h30 du matin.
Ce témoin a décrit la scène dont il a été témoin en arrivant au bungalow de Navin Ramgoolam. Il déclare ainsi, sans ambages, qu’il y avait une présence féminine et que l’ancien Premier ministre y était également. Il a donné une description précise de l’endroit où se tenait Navin Ramgoolam à l’intérieur du bungalow quand il est arrivé en renfort. A ce stade de l’enquête, il n’est pas exclu que certains témoins soient emmenés sur les lieux dans les jours à venir pour une reconstitution des faits.
Au sujet de la participation des femmes à cette soirée haut de gamme, ce témoin est des plus catégoriques. « Mo ti truv Missie-la ek ene Madame longue seve dan kulwar kampman-la », devait-il soutenir quand il a été interrogé au sujet d’une des personnalités en question, et en l’identifiant nommément. Toutefois, il devait ajouter ne pas être en mesure de reconnaître cette femme aux longs cheveux qui se trouvait, selon lui, dans le couloir du campement.
Avec ce détail sur la présence de Navin Ramgoolam à l’arrivée des renforts, le Central CID tentera de résoudre un véritable casse-tête lors de la prochaine convocation de l’ancien chef de gouvernement. Les enquêteurs devront ainsi déterminer combien de temps a mis Navin Ramgoolam pour se rendre de River Walk à Roches-Noires aux petites heures du matin du 3 juillet 2011, d’autant plus que celui-ci soutient qu’il n’était pas à son campement au moment du présumé cambriolage.
« Quand j’ai été informé de cette affaire, je me suis rendu à Roches-Noires », a déclaré jusque-là Navin Ramgoolam. Les hommes du Central CID, menés par le surintendant Yashdev Callee, auront à réconcilier ces deux versions nettement contradictoires, à moins que la voiture de l’ancien Premier ministre n’ait mis moins d’un quart d’heure pour le trajet River-Walk/Roches-Noires.
Avant de franchir cette étape, d’autres témoins et protagonistes, dont ceux susceptibles d’être identifiés par les plaques minéralogiques de leurs voitures, devront être entendus au préalable. Quoi qu’il en soit, la semaine prochaine s’annonce cruciale avec le volet du suicide allégué d’Anand Kumar Ramdony dans une cellule du poste de police de Rivière-du-Rempart le 31 juillet, qui sera abordé par le Central CID avec les témoignages des policiers présents au poste de police, et qui seront des plus déterminants. Affaire à suivre…