Des travaux de dragage sont en cours à Trou-d’Eau-Douce pour dégager le passage Grand Courant. Ce chenal situé entre l’île-aux-Cerfs et l’îlot Mangénie a connu un ensablement accéléré depuis l’année dernière. Pour les pêcheurs de la localité, outre le dragage, il faut veiller à ce que le phénomène ne se déplace pas vers un autre endroit.
« Qu’est-ce qui garantit que l’ensablement ne se reproduira pas à l’île-aux-Cerfs ? » C’est la question que se pose France Andy, président de l’Innovative Fishermen’s Association et vice-président de l’Association des pêcheurs professionnels de l’île Maurice (APIM). Cet habitant de Grande-Rivière-Sud-Est connaît bien la région voisine de Trou-d’Eau-Douce. En tant que pêcheur professionnel, il veut apporter une réflexion au phénomène d’ensablement à l’île-aux-Cerfs.
France Andy fait remarquer que la mer à Trou-d’Eau-Douce est constituée de deux partie : l’une connue comme « au vent » et l’autre « sous le vent ». « Le courant est tel que tout ce qui se dégage dans la partie “au vent” lorsqu’il y a de grosses vagues, vient s’échouer “sous le vent”. Le sable en fait partie. »
Le vice-président de l’APIM dit avoir noté que le banc de sable à la sortie du chenal Grand Courant s’est agrandi au fil des ans. « Étant donné la situation, je pense que les autorités aurait dû mettre en place un système de monitoring pour déterminer le volume de sable accumulé à cet endroit. On aurait pu, par exemple, placer un “piké” comme repère. »
Mais ce qui préoccupe le plus le pêcheur, c’est l’impact des travaux de dragage sur l’environnement marin de l’île-aux-Cerfs à l’avenir. « Puisqu’on dit que l’ensablement est un phénomène naturel, il peut se reproduire un peu plus loin si l’on dégage le passage Grand Courant. À mon avis, c’est à la sortie du chenal, dans la partie “sous le vent” que le problème risque de se poser. »
France Andy rappelle également que dans le passé il y avait l’extraction de sable qui empêchait les accumulations. « Aujourd’hui ce n’est plus permis. C’est bien de protéger l’environnement, mais il faut aussi un suivi pour connaître les conséquences. »
Au ministère de l’Environnement, on laisse entendre que l’ensablement en lui-même n’est pas néfaste. Même si aucune étude n’a été faite pour connaître la raison du phénomène à l’île-aux-Cerfs, on est d’avis que l’absence de cyclone depuis très longtemps a pu le favoriser.
Du côté de Sun Resorts, détenteur du bail sur l’île-aux-Cerfs et responsable des travaux de dragage en cours, on assure que tout est fait sous la stricte supervision des ministères de la Pêche et de l’Environnement. « Nous ne pouvons cependant contrôler les conditions climatiques », avance Clyde Vacher, responsable de communication du groupe hôtelier.