La mairie de Saint-Denis, île de la Réunion, a signé hier un accord de partenariat avec le Mahatma Gandhi Institute. En effet, l’Institut des Langues de l’île Soeur, créé il y a quelques années, souhaite former les jeunes Réunionnais aux langues orientales. Les chargés de cours du MGI assisteront les enseignants réunionnais dans la formation et la mise en place des programmes. Ce projet, qui devrait débuter en août, concernera dans un premier temps les élèves de sixième (Form 1).
La signature d’accord a eu lieu hier entre le maire de la ville de Saint-Denis, Gilbert Annette, et le directeur général du MGI, Bijaye Mudhoo, en présence du ministre de l’Éducation à son bureau à Pont Fer, Phoenix. Le partenariat entre La Réunion et le MGI date de plusieurs années, l’institut mauricien étant très souvent sollicité dans le cadre de l’organisation de programmes culturels folkloriques.
Ainsi, a expliqué le maire de Saint Denis, la collaboration avec le MGI s’inscrit dans le cadre d’un projet éducatif global. La Réunion souhaite initier ces jeunes à des langues étrangères autres que l’allemand, l’espagnol ou l’italien. « À l’Institut municipal des Langues, nous voulons mettre l’accent sur la formation de l’hindi, le mandarin et l’arabe. Le développement culturel des Réunionnais est indispensable. Nous avons déjà beaucoup de retard à rattraper », a indiqué M. Annette. Ainsi, l’institut réunionnais bénéficiera de l’expertise et du savoir-faire mauriciens. Les chargés de cours du MGI seront appelés à encadrer ceux de La Réunion et assister dans le montage du programme pour l’enseignement de l’hindi.
Ce projet pourrait débuter en août. Le directeur général du MGI, Bijaye Mudhoo, estime pour sa part que « cette collaboration va renforcer les liens entre les deux îles ». « Le MGI est un institut unique au monde. Nous allons unir les compétences mauriciennes et réunionnaises pour la culture indienne », a-t-il déclaré.
Le ministre de l’Éducation s’est quant à lui attardé sur les relations qui existent entre Maurice et La Réunion. « Les relations entre nos îles soeurs sont plus que cordiales. Les avenants successifs entre nos deux pays ont établi des priorités en ce qui concerne les relations bilatérales. Celles-ci ont eu pour but jusqu’à ce jour, de promouvoir les liens académiques qui constituent des composantes essentielles de notre relation. Avec cette convention, ce sont de nouvelles perspectives qui s’ouvrent sur le plan linguistique culturel et artistique dans le domaine de l’éducation », a soutenu Vasant Bunwaree. Il a également lancé un appel à la bonne volonté et à la détermination des deux parties pour mettre en chantier les différentes interventions. L’expertise existe ainsi que les compétences et les cadres, dit-il, ce qui nous incombe maintenant, c’est de traduire cette convention dans un cahier des charges, dont la mise en oeuvre restera dépendante du bon vouloir de ceux qui s’y engagent. Faisant allusion au fait que le Kreol est aujourd’hui enseigné dans les écoles, le ministre Bunwaree a fait part de son intention de solliciter la coopération des autres pays où cette langue est parlée pour lancer la créolophonie.