Récemment rendu public par la Tertiary Education Commission, le rapport d’une Tracer Study effectuée entre 2006 et 2010 sur 3 453 titulaires d’un diplôme révèle que 98 % parviennent à trouver un emploi qui correspond à leurs qualifications après deux ans. La majorité ont été jugés sous-employés, leurs emplois exigeant moins d’un degré. Le secteur privé reste le plus grand pourvoyeur d’emplois pour les diplômés, qui ont de plus en plus de difficultés à trouver un poste dans une institution publique.
Le pays produit entre 3 000 et 4 000 diplômés chaque année. Le principal défi, selon la Tertiary Education Commission, n’est pas seulement que ces diplômés trouvent un emploi, mais aussi que celui-ci utilise le meilleur de leur éducation. Ce rapport préliminaire a été spécialement préparé dans le cadre de la finalisation de la liste des domaines prioritaires indicatifs de l’étude (LIPFS) 2012/2013. Ces informations fourniront également des indications des déficits possibles dans un programme éducatif donné, de sorte que celui-ci soit plus étroitement aligné avec les besoins de l’économie.
Cette Tracer Study couvre les deux principales institutions d’enseignement supérieur, l’Université de Maurice et l’Université de Technologie, qui représentent plus des trois quarts des titulaires d’un diplôme produit localement. L’étude a ciblé un échantillon de 3 453 titulaires d’un diplôme à temps plein (1 515 hommes et 1 938 femmes) dont 3 103 de l’UoM et 350 de l’UTM, sur une population diplômée de 7 188 au cours de la période 2006/2010. Ce rapport préliminaire fournit des informations partielles concernant le marché du travail des diplômés, quant au niveau de l’emploi, du sous-emploi et du chômage. Un examen plus approfondi sera réalisé cette année et fera l’objet d’un autre rapport.
Le rapport démontre que la plupart des entreprises attendent que les résultats de l’examen final soient connus pour offrir un emploi aux nouveaux diplômés. En général, il a fallu environ deux ans pour la quasi-totalité des diplômés (98 %) pour obtenir un emploi correspondant à leurs qualifications. Dans l’ensemble, la plupart des diplômés ont été jugés sous-employés, leurs emplois exigeant moins d’un degré. De même, certains diplômés, comme ceux de l’agriculture, ont tendance à être plus touchés que d’autres, leurs domaines d’études n’étant pas beaucoup en demande. 97,1 % des diplômés en génie de l’UoM ont réussi à trouver un emploi dans l’année même de l’obtention de leur certificat, et pour les autres facultés les chiffres sont de 91,1 % (Droit et gestion), 86,7 % (Sciences sociales et humaines), 84 % (Agriculture) et 80,6 % (Sciences). L’Enseignement constitue la principale source d’emploi pour les diplômés des facultés de sciences (51 %) et conjointe UoM/MGI (67,4 %) et dans une moindre mesure la faculté d’agriculture (17,5 %).
L’étude a également révélé qu’au cours de la période 2006/2010, 74 % des diplômés étaient employés dans le privé et 24,7 % dans le public, comparativement à 59,2 % et 39,6 % respectivement pour la période 2001/2005. Le secteur privé a ainsi consolidé sa position comme le plus grand pourvoyeur d’emplois pour les diplômés, qui ont toujours du mal à trouver un poste dans une institution publique. Il n’y a pas eu d’amélioration significative de diplômés self-employed, avec 1,4 % en 2006/2010 comparativement à 1,1 % en 2001/2005. Le manque de capital initial pour lancer sa propre entreprise, le manque de confiance, le désir de ne pas prendre de risques, l’attente des parents après qu’ils ont fait leur part dans l’éducation de leurs enfants peuvent influencer les nouveaux diplômés à chercher un emploi garanti plutôt que de créer leur propre entreprise. Enfin, l’étude démontre que les diplômés de la Faculté d’Agriculture restent les plus touchés par les problèmes d’emploi.