L’escouade d’enquêteurs du Central CID constituée depuis la semaine dernière pour enquêter sur d’éventuels délits de pratique illégale de la médecine dans la DY Patil Medical College Saga se prépare à mettre le cap sur l’University Hospital Jawaharlal Nehru. Cette étape s’avère nécessaire pour le démarrage de l’exercice en attendant de pouvoir procéder à l’audition des deux étudiants indiens en Post-Graduate Medicine à cet institut d’enseignement supérieur, qui ont regagné leur pays depuis le 4 février dernier.
La décision du Board de la Tertiary Education Commission (TEC) en vue d’instituer un Fact Finding Committee avec pour président un ancien juge de la Cour suprême n’a pas connu de développement majeur depuis mardi dernier. En fin de semaine dernière, la Senior Chief Executive du ministère de la Santé a émis une lettre circulaire adressée aux membres du personnel médical interdisant toute communication avec la presse sur le dossier DY Patil Medical College.
Avec la déposition du Registrar du Medical Council, le Dr Deepchand, vendredi dernier, le Central CID compile actuellement les données de base avant de passer à l’action sur le terrain. Ainsi, en ce début de semaine, des contacts devront être établis avec le SG du ministère de la Santé  pour des autorisations en vue d’une descente des lieux à l’hôpital Jawaharlal Nehru en vue de la saisie de documents et des dossiers compromettants sur des pratiques non autorisées.
Les principaux dossiers qui intéressent les enquêteurs de la police concernent le Memorandum of Understanding définissant les conditions autorisant les opérations du DY Patil Medical College dans l’enceinte de ce même hôpital ou encore si ces conditions ont été respectées par la direction de cet institut médical, représentée par le Dean, le Pr Sharma et Raj Bappoo, époux de la ministre de la Sécurité sociale et directeur.
Tout semble indiquer que des enquêteurs du Central CID devront débarquer à l’hôpital de Rose-Belle au plus tôt vers la fin de cette semaine, soit après les formalités d’usage au ministère de la Santé à Port-Louis. Entre-temps, le président du Medical Council, le Dr Baboo Servansing, pourra également être entendu par la police en vue de complémenter la déposition du Registrar de l’Ordre des Médecins.
Le cas du président du Medical Council est quelque peu particulier dans la mesure où il a siégé sur l’International Monitoring Committee présidé par le directeur exécutif de la TEC, le Pr Ashok Bakhshi, sur le cas du DY Patil Medical College au début de novembre de l’année dernière. Cette instance, émanant du régulateur de l’enseignement tertiaire, a énuméré plus d’une dizaine de lacunes majeures dans le fonctionnement de cette faculté médicale, dont l’absence d’un Anatomy Laboratory, des doutes quant à l’intégrité des derniers examens de spécialistes avec un taux de réussite de 100% au point où l’Awarding Body, l’University of Technology Mauritius, a été épinglé dans le rapport.
« The UTM should not opt for external examiners from the sister companies of DYP Worlwide Ltd and the UTM should not limit itself to Indian external examiners only but should target resource persons from other countries as well », note le rapport de l’IMC, qui, malgré ces manquements, allait recommander l’accréditation cette faculté par le Medical Council.
En parallèle, la décision entérinée par le Board de la TEC mardi dernier pour le démarrage d’une Fact Finding Investigation sur le scandale DY Patil Medical College attend toujours d’être traduite dans la réalité. Le conseil d’administration de la TEC a imposé deux conditions préalables : la présidence doit être confiée à un ancien juge de la Cour suprême et  le rapport devra être soumis dans un délai de deux semaines.
Or, à ce matin, le directeur exécutif de la TEC n’avait pas encore bouclé la rédaction des Terms of Reference de cette Fact Finding Investigation alors qu’une semaine est écoulée et que l’identité du président de ce comité est encore inconnue. Cette situation suscite de l’embarras au niveau du Top Management de la TEC et même du Board compte tenu de la gravité du problème affectant l’enseignement supérieur dans son ensemble.
Un autre sujet d’embarras tourne autour de la teneur d’une lettre circulaire, portant la signature de la Senior Chief Executive du ministère de la Santé, interdisant spécifiquement aux membres du personnel médical du Jawaharlal Nehru Hospital tout contact avec la presse sur le dossier de DY Patil Medical College. Les directives ont été transmises aux concernés vendredi dernier.
Presque en même temps, l’Investigative Committee du ministère de la Santé continue à découvrir d’autres scandales au DY Patil Medical College, comme la présence de cinq étudiants en Post-Graduate Medecine au sein de l’’établissement pour le dernier exercice de recrutement de septembre 2013 alors qu’ils ne sont pas qualifiés. Des cas similaires ont été relevés lors de précédents exercices de recrutement. Le ministère de la Santé a déjà été informé officiellement de ces recrutements d’étudiants de nature illégale.