L’ambition des autorités visant à faire de Maurice un Knowledge Hub bute contre d’énormes obstacles depuis ces derniers temps. Après le scandale de l’Eastern Institute of Integrated Learning (EIILM) du Jeetah Trust, qui tente désespérément de se refaire une santé académique en recherchant des liens avec une université britannique, la DY Patil Medical College Saga, dont le directeur n’est autre que Raj Bappoo, l’époux de la ministre de la Sécurité sociale, avec des cours Post Graduate à des étudiants en l’absence de Professor ou même d’Associate Professor, se signale. Et voilà l’Amity Institute of Higher Education, dont le président de l’Advisory Board n’est autre qu’un ancien ministre de l’Education, Armoogum Parsuramen, qui se retrouve sans accréditation de la Tertiary Education Commission (TEC) depuis le début de l’année. La liste actuelle des problèmes ébranlant le secteur de l’enseignement supérieur ne serait pas complète si l’on faisait exception des démêlées de la JSS Academy avec le Council of Registered Professsional Engineers au sujet de la reconnaissance de son programme d’études. De son côté, l’University of Technology Mauritius, l’awarding body pour des études post-universitaires en médecine du DY Patil Medical College, court de gros risques de laisser des plumes dans la conjoncture «pour mauvaises fréquentations académiques présumées».
Un mois que les problèmes du DY Patil Medical College défraient la chronique et les dernières indications sont que l’étau se resserre de plus en plus autour de cette institution qui, jusqu’à tout récemment, avait les faveurs de la TEC et du Medical Council pour obtenir une accréditation formelle. Cette étape devait ouvrir les grandes les portes de l’équivalence des Post-Graduate Diplomas octroyés à ce premier batch d’étudiants étrangers ayant réalisé un taux de réussites de 100% contesté à la fin de l’année dernière.
Mais, depuis le début de février de cette année, les données ont changé du tout au tout pour cette faculté médicale et dans les jours à venir, la situation pourrait devenir encore plus compromise. En effet, à la fin de la semaine écoulée, l’Investigative Committee institué par le ministère de la Santé avec l’aval du conseil des ministres avait déjà bouclé son assignment et soumis ses findings aux autorités concernées.
La principale attribution de l’enquête présidée par le Chief Medical Officer était de vérifier si les dispositions du Clinical Framework Agreement avec le DY Patil Medical College ont été respectées à la lettre et si les allégations de pratiques médicales illégales sont fondées. Avant même la soumission du rapport, le comité du ministère de la Santé avait déjà relevé formellement le cas d’au moins cinq étudiants non-qualifiés mais inscrits aux cours menant à des qualifications de Post-Graduate.
À hier, aucune indication officielle n’a transpiré quant à la teneur du rapport du Chief Medical Officer, qui avait bénéficié de la collaboration de deux assesseurs, dont un secrétaire permanent du ministère. Des indiscrétions recueillies dans les couloirs du ministère avancent que le rapport a été renvoyé devant un autre comité restreint en vue d’élaborer des recommandations dans cette affaire. Il faudra s’attendre à la mise en application des premières mesures découlant de cette enquête vers la fin de la semaine, soit après les prochaines manifestations pour marquer la Fête Nationale le 12 mars.
De son côté, le Medical Council, se basant sur les observations préliminaires de son Education Committee on Post Graduate Course in Ophthalomology, a exigé auprès de la TEC et de l’University of Technology Mauritius que ces cours soient interdits avec effet immédiat en raison de graves manquements relevés. Lors de la réunion du board du Medical Council tenue en début de semaine, il a été confirmé que le DY Patil Medical College ne disposait des services d’un Professor et d’un Associate Professor pour ces cours depuis le 10 juin de l’année dernière, date à laquelle le Dr A.M. Nagaral, responsable de ces cours, est retourné en Inde.