Le scandale du DY Patil Medical College, qui avait fait l’objet d’une enquête confiée à l’ancien chef juge Arriranga Pillay il y a plus d’un an, continue de faire des vagues. En fin de semaine dernière, des incidents sont survenus en Inde, à Mumbai, plus précisément devant la résidence du fondateur de ce collège médical. Lors de cette deuxième manifestation, après celle du 8 juin dernier, des parents des étudiants en médecine, inscrits sur le campus d’Ébène, ont été appréhendés par la police indienne.
 Les parents, qui étaient au nombre d’une soixantaine, avaient été placés en détention policière avant d’être remis en liberté sous caution. Ils se plaignent d’actes de brutalité policière lors de leur embarquement dans des fourgons de la police. Leur principal grief est que la direction du DY Patil Medical College n’a pas tenu parole par rapport aux 36 étudiants en deuxième année de médecine qui ont été rapatriés en Inde suite à une décision du gouvernement de Lalyans Lepep.
Assurant la couverture de cette manifestation, la presse indienne, dont le Times of India, met l’accent sur la supercherie derrière l’admission de ces étudiants indiens depuis août 2013, avec une absence totale d’équipements et de facilités sur le campus pour des cours en médecine. “For the past three months, no classes have been conducted at the Mauritius campus. Our clinical training in the hospital was expected to start last year. Moreover, there were no human cadavers in the medical college to dissect. All of this has left us disillusioned and we have returned to seek answers”, note l’étudiante Deepti Tyagi (20 ans), qui a fait partie du premier batch d’étudiants au college medical.
 D’autre part, pendant plus d’une année, le DY Patil Medical College n’avait pas eu le feu vert des autorités pour des séances de Clinical Training des étudiants dans des hôpitaux. Ce n’est que vendredi dernier que la nouvelle direction du collège a été informée que de telles facilités seraient disponibles à l’hôpital Nehru de Rose-Belle. C’est ce que regrette un des membres fondateurs de ce collège médical, qui confirme que le nouveau management a été imposé par le gouvernement mauricien il y a un mois.
 “We had the option of closing the college or handing it over to another management. Twenty days ago, there was a change of management”, confirme à Daily News and Analysis (DNA) ce membre du Top Management de DY Patil, qui a voulu garder l’anonymat, en ajoutant que “the management of the college has been handed over to AR Johari, who is currently holding the post of Director, in the college under alleged political pressure. Johari also runs Anna Medical College in Mauritius”.
 La revendication des parents est que leurs enfants, qui ont été inscrits au campus mauricien du DY Patil Medical College, auraient pu poursuivre leurs cours en médecine en Inde. Mais Satej Patil, faisant partie de ce groupe, n’est pas de cet avis. “We cannot accommodate students from a foreign campus in India. Rules for medical education in Maharashtra demand that they should appear for a Common Entrance Test to seek admission. How can they be arbitrarily accommodated ?” a-t-il fait comprendre suite à la manifestation.
 La presse indienne se fait l’écho de conclusions de l’enquête commanditée par la Tertiary Education Commission l’année dernière à l’effet que “the Tertiary Education Commission, the University of Technology, which is the awarding body of the degree, the Medical Council of Mauritius and the Ministry of Health had failed to rigorously monitor compliance with the agreements signed with DY Patil Worldwide Limited”.