Le board du Medical Council (MC), qui s’est réuni hier, a pris connaissance d’un rapport préliminaire accablant sur le fonctionnement du DY Patil Medical College, en collaboration avec l’University of Technology Mauritius en tant qu’Awarding Body. Cette dernière institution et la Tertiary Education Commission (TEC) en ont pris pour leur grade, compte tenu de toute absence de surveillance et de contrôle sur la qualité des cours prodigués au sein de cette faculté médicale. En attendant un rapport portant sur les différents aspects de l’affaire du DY Patil Medical College, le MC a recommandé que les cours de Post-Graduate en ophtalmologie soient suspendus pour « non-respect du Clinical Training Framework ».
Des recoupements d’informations effectués auprès de différentes sources indiquent que le conseil d’administration du MC a pris la décision d’informer la TEC et l’University of Technology Mauritius des constats dressés par le panel du MC ainsi que de la mesure de suspension des cours Post-Graduate en ophtalmologie, avec effet immédiat. L’Ordre des médecins, qui poursuit son enquête, compte soumettre des recommandations encore plus sévères à la lumière des “findings” sur d’autres “operational aspects” du DY Patil Medical College.
A ce stade de l’enquête, l’une des lacunes majeures concerne le rôle de la TEC et de l’UTM par rapport au DY Patil Medical College au terme du Memorandum of Understanding for Clinical Training. Le MC dénonce l’absence totale de monitoring de ces deux instances sur le programme d’études de cette faculté médicale. Les membres du panel de l’Ordre des médecins prennent à témoin ce qui se passe avec les cours de spécialisation en ophtalmologie. « There has never been any monitoring of the training by either the University of Technology Mauritius or TEC except for an International Monitoring Committee in November 2012, in which DT BN. T. Servansingh, Chairman of the Medical Council of Mauritius was a member. However, no action was taken despite shortcomings », note le rapport intérimaire au board du MC lors de la réunion d’hier. Des sources autorisées au MC avancent que le président a siégé sur cette instance en son nom personnel, et nullement sous le mandat de cette institution, comme ce fut le cas précédemment pour le Dr Boodhoo.
Ce premier rapport du MC est axé sur le volet des études Post-Graduate en ophtalmologie avec l’absence d’un Professor ou autre Associate Professor depuis le 10 juin de l’année dernière et l’unique étudiant dans cette spécialisation laissé à lui-même. Le responsable de ces cours, un ressortissant indien, le Dr A. M. Garalal, avait quitté le pays depuis cette date. « Following a request dated August 13, 2013 and approval letter dated Septembre 16, 2013 from the Ministry of Health and Quality of Life, four consultants ophthalmologists of the Ministry have been exclusively for clinical training of the postgraduate student », soutient le MC sur la base des informations recueillies sur place au Subramanian Bharati Eye Hospital.
Le panel du MC, qui met l’accent sur le fait que « this implies that the postgraduate student has been left on his own without any academic training (theoretical, lectures, seminars, journal review, thesis) for about nine months », a également d’autres manquements dans ce cas précis, comme « no log book to record any procedures or other clinical activities undertaken by the postgraduate student ». Il n’a aussi participé à aucun “Resident Night Duty Roster” durant cette période.
Le doyen de la faculté, le Pr Sharma, a concédé ces problèmes lors de son audition par les membres du panel du MC, l’absence d’un Professor et d’un Associate Professor, soit le minimum requis pour des cours de spécialisation. Il n’était même pas en mesure de confirmer quand le recrutement nécessaire sera effectué.
« Both academic and clinical training are sine qua non components of specialist Postgraduate Training. Due to absence of a professor and associate professor from DY Patil Medical College, there is a big deficiency in the training », s’appesantit le MC pour justifier l’interdiction des cours en ophtalmologie de cette faculté de médecine, dont le directeur est Raj Bappoo, l’époux de la ministre de la Sécurité sociale.
Le Pr Sharma devait également faire des aveux de taille sur d’autres aspects de l’enquête au sujet de la DY Patil Mediccal College Saga. Le doyen a en effet fait comprendre que l’infrastructure de la faculté au Jawaharlal Nehru Hospital ne mérite pas mieux que « trois sur dix » dans l’état actuel des choses, alors que le MC est d’avis que « further investigation is necessary before a full report can be produced », notamment sur des « postgraduate training courses in other specialities ».
L’enquête du panel du MC se poursuit, notamment sur la qualité de l’infrastructure, le “Night Duty” ou encore le “Hands-on Training”, avec des manquements graves susceptibles de « jeopardise the quality of training of the postgraduate students ».