Une première étape cruciale dans la DY Patil Medical College Saga devrait être franchie incessamment. En effet, selon des indications l’enquête ordonnée par le ministère de la Santé avec l’aval du conseil des ministres est sur le point d’être bouclée avec les conclusions soumises au ministère de tutelle pour tout suivi de cette affaire. D’autre part, des indications préliminaires soutiennent que rares ont été les rappels à l’ordre servis au DY Patil Medical College qui ont été suivis à la lettre et adoptés. La dernière preuve demeure les conclusions de l’International Monitoring Committee de la Tertiary Education Commission (TEC) en date du 8 novembre de l’année dernière, recommandations qui sont, semble-t-il, restées lettres mortes sur la base du constat de l’Investigative Committee du ministère de la Santé.
Des recoupements d’informations effectués auprès des sources concordantes indiquent que le Chief Medical Officer et ses deux assesseurs, dont un Permanent Secretary au ministère de la Santé, mettent actuellement la dernière main à leur rapport au sujet des dispositions du Clinical Training Framework avec le DY Patil Medical College, dont le directeur est Raj Bappoo, époux de la ministre de la Sécurité sociale. L’un des derniers dossiers à vérifier concernait les cours en ophtalmologie se déroulant à l’hôpital des yeux de Moka pour le compte du DY Patil Medical College.
Les dernières vérifications effectuées par l’Investigative Committee du ministère de la Santé ont confirmé qu’au moins un étudiant Post-Graduate avec spécialisation en ophtalmologie ne bénéficie d’aucun encadrement académique de professeurs employés par cette faculté médicale. De ce fait, cet étudiant étranger est laissé à son propre compte pour ses études. Pour les besoins de leur enquête, les membres du comité du ministère de la Santé ont consigné les explications de l’étudiant, de la direction de l’hôpital des yeux de Moka et aussi du Dean du DY Patil Medical College, le Pr Sharma.
Néanmoins, ce problème d’absence d’encadrement pour des cours en ophtalmologie en Post-Graduate ne date pas d’hier. Le rapport de l’International Monitoring Committee de la TEC de novembre de l’année dernière avait épinglé la direction du DY Patil Medical College pour cette lacune majeure. L’une des recommandations était que la faculté médicale se devait de prendre des mesures correctives dans les plus brefs délais mais quatre mois après, aucune solution n’avait été apportée.
Des sources autorisées avancent que le DY Patil Medical College semble ne pas faire grand cas des rappels à l’ordre des autorités mauriciennes. Le scandale de l’hôpital de Moka est présenté comme un cas parmi les autres. Il y a encore le fait que malgré l’engagement pris dans le Memorandum of Understanding signé avec l’University of Technology Mauritius en 2009 pour la construction d’une faculté de médecine équipée de toute l’infrastructure nécessaire, dont un laboratoire d’anatomie, le DY Patil Medical College n’a pas encore engagé les investissements nécessaires.
Flagrant délit
En ce qui concerne le recrutement d’étudiants en médecine ne détenant pas les qualifications de base pour suivre des cours en Post-Graduate, l’on devrait s’attendre à un bras de fer entre le ministère de la Santé et le Medical Council. L’Investigative Committee du ministère a identifié pas moins de sept autres cas depuis la fin de la semaine dernière avec le DY Patil Medical College forcé d’effectuer des remboursements et de renvoyer les étudiants pris en flagrant délit.
Du côté du Medical Council, l’on soutient que l’attention du ministère de la santé avait été attirée depuis 2011 au sujet de ce même problème avec un autre batch d’étudiants. En 2011, le Medical Council avait écrit au ministère de la Santé pour dénoncer la présence d’étudiants en Post-Graduate Medicine dans cette faculté. Pour seule réponse, le ministère avait écrit au Medical Council pour lui demander de se mettre en contact avec la direction de l’hôpital Jawaharlal Nehru à cet effet.
Un autre volet de l’enquête du ministère de la Santé concerne le déroulement des Clinical Training Sessions à l’hôpital de Rose-Belle. La conclusion devrait être sensiblement la même que celle de l’International Monitoring Committee à l’effet que « the panel observed that the institution (DY Patil Medical College) has been deficient in traking the attendance of students and faculty members at the clinical sessions ».
Une absence totale de contrôle était relevée au point où le rapport de l’International Monitoring Committee soulignait en novembre de l’année dernière que « the panel express its apprehension that the students may bunk lectures to resort to private practice as a source of income ». Devant cet état de chose, la recommandation No 9 du rapport exige que « the institution comes up with some arrangements to monitor the attendance of its academic staff and students, such as biometric system or the recording of attendance as per other hospital staffs ».