Le DY Patil Medical College, institution engagée dans l’enseignement tertiaire avec spécialisation dans la médecine, l’University of Technology Mauritius (UTM) et la Tertiary Education Commission (TEC) sont actuellement sur la sellette. Par voie d’un procès en Cour suprême, dont Le Mauricien a fait état dans son édition de samedi dernier, deux étudiants en Post-Graduate Medecine, enregistrés au DY Patil Medical College, dont le directeur est Raj Bappoo, ont étalé sur la place publique des dessous de pratiques illégales, dont la présence de médecins non enregistrés auprès du Medical Council à l’hôpital Jawaharlal Nehru et le non respect des guidelines imposés par la TEC pour la tenue de ces cours en médecine.
Le ministère de la Santé a initié des consultations auprès du Solicitor General’s Office en vue de valider l’accord intervenu en 2009 du temps où Rajesh Jeetah était ministre de la Santé entre la direction du DY Patil Medical College, de l’UTM et la TEC. Des sanctions pourraient également être envisagées contre la direction de l’hôpital Nehru au cas où les dispositions du Clinical Framework n’auraient pas été respectées au sujet de la présence de médecins non accrédités par le Medical Council.
Des étudiants étrangers, principalement indiens, enregistrés pour des cours en Post-Graduate Medecine, accusent la direction du DY Patil Medical College de les avoir bernés en ce qui concerne les accréditations du programme d’études auprès du Medical Council de Maurice ou encore de l’Inde. Ils concèdent que « we students and few professors are not yet registered at the Medical Council of Mauritius, since there is an examination top pass for registration ».
A ce stade, l’un des problèmes les plus urgents concerne la présence de médecins non reconnus par le Medical Council à Maurice ou encore en Inde dans les hôpitaux, plus particulièrement à l’hôpital Nehru, pour non seulement suivre des cours post-universitaires mais également pour des pratiques de médecine sur des patients visitant cet établissement du ministère de la Santé. Dans une correspondance officielle, des étudiants du DY Patil Medical College dénoncent le fait que « the college has been forcing us to go to Jawaharlal Nehru hospital, meet patients and even write in their case sheets which is against the law, and we students don’t want to break the law of the country knowingly. Professors who are not registered are even doing surgical procedures and we students are forced to assist them. Our names are even written in the surgical records ».
Plus loin, ces mêmes étudiants indiens attirent l’attention des autorités mauriciennes sur le fait que « due to these inefficient doctors hired by DY Patil medical college, we are concerned about the safety and life of the patients who are coming to Jawaharlal Nehru hospital for their treatment ». Ils ajoutent que le DY Patil Medical College a signifié son intention d’inclure très bientôt d’autres cours de spécialisation à son programme d’études « there by jeopardizing the life of the Mauritian population who have been having faith in the standard and the reputation of Jawaharlal Nehru hospital, and thereby risking the health security system of the country which has been functioning efficiently for last many years under the guidance of the medical council of Mauritius ».
Comptes à rendre
Devant cet état de faits, le ministère de la Santé compte ouvrir une enquête départementale en vue de confirmer ces éléments d’informations et brandit des menaces de sanctions contre la direction de l’hôpital Nehru en cas de pratiques abusives et illégales. « Le Clinical Framework établit non seulement dans le cas du DY Patil Medical College, mais aussi dans ceux de l’Université de Bordeaux en collaboration avec l’université de Maurice et du SSR Medical College, des facilités dans les hôpitaux du ministère de la Santé. Mais ces étudiants en médecine ne peuvent en aucun cas procéder à l’examen des patients ou encore d’autres pratiques de la médecine. Ce Clinical Framework tient en ligne de compte la sécurité des patients », fait-on comprendre dans les milieux autorisés au ministère de la Santé avec la menace « si zot inn fer sa, pou enan sanksion e pou ena kont pou rande ».
Au chapitre de l’accréditation des cours prodigués au DY Patil Medical College ou encore de l’équivalence des diplômes émis par cette même institution, le ministère de la Santé renvoie la balle carrément dans le camp de la TEC et du ministère de l’Enseignement supérieur. « Force est de constater que l’accord entre le DY Patil Medical College, l’UTM et la TEC remonte à 2009, du temps où Rajesh Jeetah était ministre de la Santé. Nous avons pris la décision de solliciter un Legal Advice auprès du Solicitor General’s Office la semaine dernière. Nous préférons attendre la fin de ces consultations avant de nous prononcer. Toutefois, pour ce qui est des conditions et du standard des cours, il faudra prendre contact avec la TEC ou encore le ministère de l’Enseignement supérieur », rétorque le ministère de la Santé dans cette controverse.
Outre le fait que la reconnaissance des cours prodigués par le DY Patil Medical College pose problème avec un des membres de la direction s’évertuant à tirer les ficelles au sein du gouvernement, la qualité des cours en Post-Graduate Medicine est mise en cause. Les Fees réclamés aux étudiants sont de l’ordre de Rs 800 000 annuellement alors que « In many departments not even a single lecture or discussion has occurred. But the college has faked a log book and forced us to write wrong informations so that they can cover their malfunction of the system and there my mislead the Tertiary Education Commission. There is no basic infrastructure required for a medical college to start like a campus, hostel, standard library, enough books, lecture halls. There is no place for students to sit and have their lunch even, and dean has asked to sit in the small room which they call as library and have their meals ».
Affaire à suivre vu que du côté du Medical Council, organisme régissant la profession médicale, l’on ajoute que le DY Patil Medical College ne détient pas encore l’accréditation officielle ou encore que les étudiants médecins de ce collège ne sont pas enregistrés en tant que tels.