Le bras de fer initié par l’University Grants Commission (UGC) de l’Inde avec des universités privées, dont l’Eastern Institute of Integrated Learning Management (EIILM) University, en vue de la fermeture des Offshore Study Centres est monté d’un cran. D’une part, le Higher Education Department de l’Inde s’est invité au débat en soutenant de manière catégorique la démarche de l’University Grants Commission alors qu’à Maurice, les relations demeurent tendues entre la direction de l’EIILM (Mauritius Campus Branch) du Jeetah Trust et des parents d’étudiants inquiets quant à l’absence de décision au sujet de l’équivalence des diplômes sanctionnant des études sur le campus d’Ébène. Entre-temps, la Tertiary Education Commission (TEC) et le ministère de l’Enseignement supérieur sont toujours en Silence Mode par rapport aux exigences de fermeture d’au moins cinq universités indiennes opérant des Study Centres à Maurice.
La tension était perceptible parmi les parents d’étudiants, qui se sont rendus ce matin au siège de l’EIILM University (Mauritius Branch Campus) en vue d’obtenir des éclaircissements au sujet des demandes formelles de l’University Grants Commission. Mais à la mi-journée, ces parents, qui avaient bravé les intimidations de la direction de cette université, sont restés sur leur faim. De ce fait, ils se donnent jusqu’à la semaine prochaine avant d’entamer une action de revendication susceptible de faire les autorités compétentes réagir.
« Nous devons mettre en exergue le fait que la direction d’EIILM University (Mauritius Branch Campus) n’a pas hésité à se lancer dans une campagne d’intimidation et de menaces d’arrestation contre des parents d’étudiants en vue du rendez-vous de ce matin. Nous voulons tout simplement rencontrer la direction pour en savoir plus sur ce qui se passe en termes d’accréditation et d’équivalence des diplômes. Nous sommes navrés de constater que Sunil Jeetah au lieu de nous rencontrer était plus intéressé à consulter son homme de loi, Me Valayden, pour aller consigner des dépositions contre des journalistes », a déclaré au Mauricien Salim Muthy, porte-parole des parents d’étudiants d’EIILM University (Mauritius Campus Branch), qui fait comprendre que des représentants du campus d’Ébène n’ont fait que « répéter des assurances précédentes ».
« Nous regrettons également l’absence de réactions et de commentaires de la part de la TEC et du ministre de l’Enseignement supérieur dans la conjoncture. Nous avons sollicité une rencontre avec le ministre Jeetah depuis bientôt dix jours et nous attendons toujours. Nous nous donnons jusqu’à la semaine prochaine avant de passer à l’action », poursuit Salim Muthy.
Par ailleurs, depuis le communiqué de la TEC après la réunion du conseil d’administration de la semaine dernière, « aucun développement n’est intervenu ». C’est ce qu’a fait comprendre ce matin un officiel de la TEC, qui a ajouté que « nous allons communiquer avec la presse dès qu’il y a quelque chose à communiquer ».
Au siège de l’EIILM University (Mauritius Campus Branch), Sunil Jeetah était inaccessible. « Le directeur est en réunion avec le conseil légal. Il n’est pas disponible pour l’instant », a répondu une préposée au téléphone.
Sur le front externe, l’UGC a bénéficié du soutient de taille du Higher Education Department. Commentant l’injonction de fermeture de l’UGC, Narendra Dhakad, Additional Director au Higher Education Department de New Delhi, soutient que « few years back, EIILM University was offering its courses in the state through study centres. The state had acted on such institutions. Unofficially, there are centres offering courses of EIILM as well as other universities. Innocent students fall in the trap and end up having degrees that are not recognized by any competent authorities ».
Dans cette même injonction, l’UGC avait formulé des allegations contre des pratiques irrégulières rapportées, dont « issuing degrees to students without conducting any exams or practicals, misleading students by promoting wrong information on website, selling degrees by charging money instead of providing classes in one sitting ». Plus loin dans une déclaration au Times of India, l’Additional Director du Higher Education Department indien ajoute que « people start up centres in the name of consultancy and then start offering courses, degrees by luring gullible students or professionals who want to upgrade their qualifications. We do receive verbal complaints but very few people submit written complaints on which we can act. However, to stop unscrupulous activities, we will start a drive against such institutes. »
L’UGC affirme qu’elle n’a autorisé aucune université privée indienne à opérer des offshore campus centres et que la décision dans la correspondence du 4 septembre constitue une sérieuse mise en garde. « The recent order of UGC is a warning for the private universities. Unlike government-run universities, private universities will not be able to affiliate college themselves. Students should also be cautious and confirm validity while taking admission in any course in a university », souligne les autorités compétentes en Inde.
D’autres sources officielles en Inde font comprendre que « UGCs notice clearly state that although these universities are competent to award degrees wherever required through their main campus, but these private universities cannot affiliate an institution/college and cannot establish off-campus centre beyond the territorial jurisdiction of the concerned state. »
Mais la position de la TEC et celle du ministère de l’Enseignement supérieur se font toujours attendre avec la préoccupation grandissante des parents et des étudiants quant à la reconnaissance des diplômes par EIILM University (Mauritius Campus Branch) et les autres universités dans la même situation irrégulière par rapport aux réglements en vigueur en Inde…