La Tertiary Education Commission, dont la mission principale est de propulser Maurice en tant que Knowledge and Education Hub, est véritablement grippée par un chapelet de scandales depuis plusieurs mois déjà. La DY Patil Medical College Saga, où des étudiants étrangers en Post Graduate Medicine dénoncent ce qu’ils considèrent une arnaque, n’a été que la dernière goutte ayant fait déborder le vase de scandales. Le véritable boulet que traîne la TEC depuis des mois déjà concerne la reconnaissance des instituts d’études supérieures opérant à Maurice et affiliés à des universités en Inde.
Les cas de l’Eastern Institute of Integrated Learning and Management University (Mauritius Branch) du Jeetah Trust, la JSS Academy, la Mauras School of Dentistry, Intraconsult Ltd et Arya Sabha Mauritius restent encore entiers et problématiques. Techniquement, ces instituts d’enseignement supérieur n’ont pas le droit d’opérer à Maurice car les diplômes sanctionnant les programmes d’études ne sont reconnus ni à Maurice ni à l’étranger. Pourtant, ils sont encore sur la liste officielle publiée par la TEC.
Les discussions initiées en début d’année entre la TEC et une délégation officielle de l’University Grants Commission (UGC) d’Inde, dirigée par le Pr Ved Prakash, président de cette dernière commission, ont confirmé le caractère illégal de ces institutions tertiaires. Un accord signé conjointement par le Pr Prakash et le Pr Donald Ah Chuen, président de la TEC, en date du 29 janvier dernier, en fait foi.
Le sixième TEC/UGC Consortium Agreement pour les trois prochaines années est des plus catégoriques quant au rôle de l’UGC de l’Inde au sujet de la reconnaissance de ces facultés d’études supérieures. À la page 16 du document officiel, mention est faite que “the TEC will ensure that local institutions intending to operate as offshore centres/campus of Indian institutions/universities have the necessary approvals from the concerned authorities in India. TEC will ascertain the eligibility of such Indian institutions/universities from UGC in this regard”.
Plus loin, le Consortium Agreement souligne que “TEC will ensure that the local institutions registered in Mauritius as an offshore centre/campus of Indian institutions/universities are operating as per the rules and regulations of both the UGC and the TEC”. Des sources autorisées s’interrogent sur le silence affiché de la TEC devant la situation illégale confirmée de ces cas flagrants.“Why TEC has not made this agreement official ? From that it is obvious that EIILM and all Indian institutions cannot operate in Mauritius. TEC is tolerating the illegal operations of certain institutions in Mauritius. Is it because they want to please the powerful of the day ? TEC is just buying time”, déclarent-elles, littéralement exaspérés par l’immobilisme de la TEC.
Compromettant
Le cas de l’université de l’Arya Sabha Mauritius est encore plus compromettant. Dans une correspondance adressée au doyen de cette faculté le 30 janvier dernier, le Registrar de la Kurukshetra University interdit à cette institution tout recrutement d’étudiants. “I am to inform you that no fresh students be admitted by the Arya Sabha Mauritius under enrolment of Kurukshetra University as per instructions issued via letter No 7 – 7/2013 (CPP-I/PU) dated 31/10/2013 by the University Grants Commission, New Delhi”, ordonne le Registrar indien avec copies de cette lettre au Mauritius Examinations Syndicate et à la TEC.
Le mutisme de la TEC à ce sujet est plus qu’éloquent dans la conjoncture. Une des astuces préconisées par ces instituts en délicatesse est de changer leur fusil d’épaule, sollicitant le sponsorshipdes universités britanniques présentant moins de problèmes. L’EIILM (Mauritius Branch) a ouvert la voie avec un accord avec une université du Pays de Galles.
L’université galloise d’Aberystwyth a soumis auprès de la TEC une demande d’enregistrement pour opérer un offshore campusà Maurice. Dans l’éventualité du démarrage de ce campus gallois, l’EIILM du Jeetah Trust prévoit de résoudre son problème de reconnaissance avec la TEC suite à un transfert de la supervision académique et des étudiants. D’autres instituts tertiaires locaux sont engagés dans cette course contre la montre pour amadouer des universités britanniques.
D’autres milieux dénoncent la proximité de l’Amity Institute of Higher Education, dont la reconduction de sa reconnaissance est encore en suspens avec le Board of Investment. Cette dernière institution est engagée dans l’organisation defacilitation meetingsen vue de sortir AMITY de l’impasse. “De par ce que nous constatons, nous nous demandons si le BOI peut se substituer à la TEC en croyant que cette dernière entérinera les solutions arrêtées. Si tel est le cas, qui est l’autorité derrière le BOI pour de tels agissements? Nous savons que dans un autre cas, des règlements ont été contournés pour accorder la reconnaissance à cette université”, fait-on comprendre.
L’audit général de l’enseignement supérieur annoncé par le Conseil des ministres est considéré comme l’ultime possibilité de mettre un terme aux dérives de Big Money Business qu’est devenu le Knowledge Hub. La pratique d’utiliser des universités publiques comme des prête-noms pour l’organisation de cours par des sociétés fantômes est dénoncée avec force en citant l’exemple de l’University of Technology Mauritius et le DY Patil Medical College.
“Les premières questions fondamentales qui doivent être posées sont : how much money has been transiting via Mauritius when these Indian institutions make business in Mauritius ? Are these British branch campuses real branches ? There is need to check who holds the company, s’appensantit-on en prévision de ce diagnostic général du cancer rongeant ce secteur d’avenir.
Dans l’immédiat, l’ancien chef juge Arriranga Pillay se mettra à la tâche pour lever le voile sur les dessous de la DY Patil Medical College Saga, qui a déjà mis à rude épreuve la réputation du Knwoledge Hub. La TEC s’est complètement ravisée au sujet de la composition du Fact Finding Committee sur cette faculté médicale opérant dans l’enceinte du Jawaharlal Nehru Hospital.
Suite à la démission de l’ancien juge Dhiraj Seetulsingh pour une question de conflit d’intérêts, la TEC a procédé à un overhaulingde cette instance avec la confirmation de l’ancien chef juge et la nomination de deux autres membres, en l’occurrence Vasdev Hassamal, président du board de la Mauritius Revenue Authority, et du Dr Bhaye Dawood Jaufeerally.
D’aucuns affirment qu’avec le démarrage des travaux du FFCen début de semaine, les responsables de la TEC et du DY Patil Medical College de même que des officiels du ministère de la Santé et de l’UTM seront sur des charbons ardents pour justifier des écarts au Clinical Framework Agreement soi-disant en vigueur.
Affaire à suivre encore …