Photo illustration

Ils seraient quelque 35 000 Mauriciens à habiter actuellement au Canada, voire plus. De plus, plusieurs centaines d’étudiants mauriciens décident chaque année d’y poursuivre leurs études supérieures. Malgré le froid et la distance, les Mauriciens sont en effet de plus en plus nombreux à choisir le Canada pour émigrer, tandis que l’Australie et l’Europe se serrent la ceinture. Le Canada, surnommé le Grand Nord Blanc, est-il devenu le nouvel eldorado des Mauriciens ?

Nous avons tenté d’obtenir le nombre exact de Mauriciens vivant au Canada, mais en vain. Néanmoins, selon les nombreuses associations mauriciennes, dont la Mauritius Chinese Association of Ontario ou encore Heritage Mauritius, ils seraient près de 40 000 ! C’est, en effet, ce que nous avance Shiv Seechurn, fondateur de l’association Heritage Mauritius basée à Toronto qui tente de réunir chaque année la diaspora mauricienne pour l’indépendance ou les fêtes culturelles.

« Même si l’on ne peut avancer des chiffres exacts, car les Mauriciens établis au Canada sont assez éparpillés, l’on peut affirmer qu’il y a un peu plus de 35 000 personnes. Un chiffre qui avait été avancé par le Governor’s General Office au Canada il y a deux ans. La plus grosse communauté mauricienne se trouve à Montréal au Québec, suivi de The Greater Toronto », explique Shiv Seechurn, qui fait depuis quelques années le va-et-vient entre Maurice et le Canada. D’ailleurs, depuis l’an dernier, la ville de Toronto au Canada reconnaît officiellement la communauté mauricienne et a décrété le 12 mars “Mauritius Cultural Day”. Une consécration pour les nombreux Mauriciens qui y vivent, travaillent et étudient. “The City of Toronto acknowledges the valide contributions that the multicultural communities in Toronto make to strengthen our society and contribute to our city’s motto ‘Diversity our strength’ “ lit-on dans la proclamation officielle émise par le maire de Toronto, John Tory.

“En effet, ce sont surtout les étudiants mauriciens les plus nombreux au Canada et cela s’explique par le fait que le gouvernement canadien les encourage à demander un Work Permit et ensuite un Resident Permit.” Shiv Seechurn explique aussi qu’il y a ceux qui viennent pour travailler accompagnés de leur famille. “That is the trend”, dit-il. Sanjana (prénom modifié), qui a souhaité garder l’anonymat, est de ceux qui ont choisi le Canada comme terre d’accueil. Actuellement étudiante dans une université américaine, la jeune Mauricienne a choisi de faire une demande pour immigrer. En effet, son rêve américain aura été de courte durée. “Les choses aux États-Unis sont assez compliquées, surtout au niveau des étudiants étrangers. Les conditions de vie sont difficiles et sous le gouvernement actuel, les étrangers sont aliénés. Le Canada a une politique d’accueil totalement différente et je pense qu’il y a plus d’opportunités à saisir là-bas”, confie-t-elle à Week-End.

Questions à …

Me Laurent Gryner : « J’ai effectivement rencontré  des personnes victimes d’escroquerie »

Encore une fois, les étudiants mauriciens seront nombreux à s’inscrire dans les grandes universités canadiennes, dans l’espoir de s’y installer pour de bon. Un “American Dream” qui pourtant pourrait vite tourner au cauchemar si l’on n’est pas assez vigilants. Car, si le nombre d’agents pour faciliter ces transferts ne cesse d’augmenter, les risques de se faire escroquer augmentent eux aussi exponentiellement. Me Laurent Gryner, avocat spécialisé dans l’immigration, aide depuis quelques années déjà les Mauriciens souhaitant immigrer au Canada. Entretien.

l Vous êtes depuis peu établi au Canada. Pourquoi avoir choisi ce pays ?

Je me suis établi au Canada au cours de l’été 2017. J’ai choisi le Canada pour un changement de cadre de vie. En effet, les grands espaces verts et un rythme de vie beaucoup moins stressant m’ont décidé à choisir le Canada.

l Comment s’est passée votre immigration ?

Mon projet d’immigration s’est réalisé sans trop de difficultés en ayant recours aux services d’un avocat en immigration.

l Vous en avez fait votre spécialisation. Pourquoi ?

Je dirai que je me suis servi de mes 15 années d’expérience en France pour développer également au Canada un champ de compétences en immigration. Je suis installé à Montréal et je représente des candidats à l’immigration venant du monde en entier. Je propose ainsi pour permettre une interaction avec mes clients des consultations par Skype ou mail.

l Prenons l’exemple d’un étudiant mauricien qui souhaiterait immigrer au Canada après y avoir complété ses études. Que doit-il savoir ?

Pour ce faire, et s’il souhaite résider au Québec, il devra demander un Certificate of Acceptance of Québec (CAQ), après avoir obtenu une lettre d’acceptation dans une école ou une université, puis un permis d’études. À l’issue de ses études, l’étudiant pourra obtenir un permis de travail post diplôme et faire une demande de résidence permanente sous certaines conditions.

l Avez-vous eu à traiter des cas d’escroquerie impliquant des agents ?

J’ai effectivement rencontré des personnes victimes d’escroquerie de la part de certaines personnes se disant conseillers en immigration sans pour autant avoir obtenu le diplôme.

l Si, justement, un étudiant a signé un contrat avec un agent et qu’il y a non-respect des clauses indiquées dans ledit contrat, que doit-il faire ?

Dans ce cas, il devrait porter plainte.

l Quelle serait selon vous la solution pour empêcher ce genre d’escroquerie ?

Il est important, au cas où un candidat à l’immigration souhaite se faire représenter par avocat ou un conseiller en immigration, de vérifier par exemple que l’avocat est inscrit au barreau.

l Les autorités ont-elles conscience de ce problème ?

Les autorités canadiennes surveillent de près ce type d’agissements frauduleux et arrivent à démanteler les réseaux d’escrocs en immigration.