Alors que les cas d’au moins cinq universités mauriciennes affiliées auprès des institutions indiennes, dont l’Eastern Institute for Integrated Learning and Management (EIILM Mauritius Branch) du Jeetah Trust, attendent toujours d’être résolus, un vent de scandale secoue le Dr D. Y. Patil Medical College. Cette institution tertiaire, engagée dans l’enseignement médical – dont le représentant à Maurice n’est autre que le proche parent d’un membre du gouvernement –, fait l’objet de graves allégations dans un affidavit, rédigé par les soins de l’avoué Vashsish Bhugoo, déposé en Cour suprême au nom de deux étudiants indiens enregistrés au Dr D. Y. Patil Medical College, en l’occurrence les Drs Sajay Alias et Harris Joy Varghese. Plus accablantes encore sont les allégations à l’effet que ces médecins, étudiants en Post-Graduate Medicine de cette institution, non accrédités auprès du Medical Council à Maurice, pratiquent la médecine en procédant à l’examen des patients visitant l’hôpital Nehru, à Rose-Belle. Des indications de sources officieuses avancent que le Dr D. Y. Patil College comprend une quarantaine de Post-Graduate Students ne bénéficiant pas de l’accréditation de l’Ordre des Médecins à Maurice.
Techniquement, selon les informations disponibles sur le site internet du Dr D. Y. Patil Medical College – situé dans l’Altima Building, à la cybercité –, cette institution, engagée dans l’enseignement supérieur spécialisé en médecine, est reconnue par la Tertiary Education Commission en tant que “Non-Awarding Body”, et donc dépendant d’une autre autorité pour la validation des diplômes sanctionnant les études. Le DYP Medical College est également présenté comme étant affilié à l’University of Technology Mauritius.
Toutefois, le paragraphe 8 de l’affidavit juré par ces deux étudiants de l’Inde lève un voile sur des pratiques médicales avec des médecins étrangers non reconnus par le Medical Council appelés à assurer des séances pratiques dans des hôpitaux du secteur public. « Whereas Dr Sajay Alias and Dr Harris Joy Varghese aver that without registration, practising in Jawarharlal Nehru Hospital or any other hospital in Mauritius, treating patients the patients, prescribing and conducting surgery is illegal. »
Ces deux étudiants mettent en cause la responsabilité des directeurs du DYP Medical College « in allowing and encouraging this illegal practice, thereby jeopardizing the life and health of patients at Jawaharlal Nehru hospital ». Ces étudiants en Post-Graduate Medicine ont besoin de ces séances pratiques des hôpitaux comme conditions préalables pour l’obtention de leur diplôme en spécialisation. Ils ont fourni des preuves irréfutables de leur présence régulière à l’hôpital Nehru à cet effet.
Ces deux étudiants en médecine spécialisée affirment, en présence des aveux des responsables du Dr D. Y. Patil Medical College, que cette institution n’est pas reconnue par le Medical Council of India, et encore moins par celui de Maurice. Ce détail avait été révélé par le Dean of Faculty lors d’une réunion avec les étudiants en date du 15 janvier dernier. « Without Medical Council of Mauritius recognition their degree is not acceptable and is not valid anywhere in the world, including Mauritius », font-ils comprendre.
Outre la présence de ces médecins-étudiants non reconnus par l’Ordre des Médecins dans des hôpitaux du service public, la connexion entre le Dr D. Y. Patil Medical College et l’hôpital Nehru est confirmée par le fait que « the Post Graduate Medical School does not have any building and the Post Graduate Medical School course is conducted from just four rooms rented from Jawaharlal Nehru Hospital and that the college building for MBBS Course at Altima, Ebene, is about 30 kilometres from Rose-Belle ».
Plus loin, ces médecins-étudiants soutiennent : « There is no space for various departments, examinations of patients in OPD by such a large number of Post Graduate students (about 40 students) for MS/MD degree courses and various teaching activities. » Des sources autorisées dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la santé publique soutiennent que les autorités se voient contraintes de procéder à une vérification systématique des allégations contenues dans l’affidavit en vue d’éclairer l’opinion publique en ce qui concerne la compétence des médecins étrangers exerçant dans les hôpitaux.
Un autre volet des allégations des médecins-étudiants du Dr D. Y. Patil Medical College est axé sur la compétence du personnel enseignant, avec des dénonciations d’un « Head of Department who has not even performed a single operative procedure and still his name has been in files and records implying that he has done many procedures and taking the credit of the work done by the efficient and hard working doctors ». Ils ajoutent que les “guidelines” de la TEC en matière de personnel medical ne sont nullement respectés et que : « The college has enlisted the names of many mauritian doctors as professors just to mislead the TEC. Many of those Mauritian doctors are paid very little money and hence they are not interested in teaching. »
Dans des milieux de l’enseignement supérieur, Maurice ambitionnant de devenir un Education Hub, on estime que ces allégations demandent à être vérifiées sur le terrain dans les meilleurs délais possibles, indépendamment du procès de réclamations en Cour suprême, car il y va de la réputation du pays…