Le nombre d’institutions universitaires interdites par la Tertiary Education Commission (TEC) continue à s’allonger à l’approche de la nouvelle année universitaire. Les dernières informations officielles disponibles relatives à la liste rouge de la TEC confirment que le nombre est passé de cinq en septembre de l’année dernière à 11 en ce mois de juillet. Alors qu’il est interdit à ces institutions d’inscrire de nouveaux étudiants pour la première année universitaire, il est conseillé aux parents comme aux étudiants potentiels de faire preuve de prudence et vigilance pour les admissions dans le cycle universitaire. Le problème demeure entier pour les étudiants suivant des cours menant à des diplômes universitaires dans ces institutions car seule la reconnaissance de la TEC est valide et les détenteurs de ces degrés ne sont pas qualifiés pour suivre des cours post-universitaires à l’étranger.
Les directives de la TEC, qui opère depuis quelque temps déjà sous la tutelle d’un nouveau conseil d’administration présidé par Eric Ng Ping Cheung, sont claires en ce qui concerne l’Amity Institute of Higher Learning, l’Arya Sabha Mauritius, l’Eastern Institute of integrated Learning and Management (Mauritius Branch Campus), Intraconsult Ltd, opérant comme un Global Learning, ISUSTECH Business School Ltd et RF Gandhi AKT Ltd, aussi connu comme le Mauras College of Dentistry and Hospital and Oral Research Institute. Ces institutions tertiaires ne sont pas autorisées à recruter des étudiants de première année pour la prochaine rentrée universitaire.
Certaines de ces institutions, dont l’EIILM (Mauritius Campus Branch) du Jeetah Trust et le Mauras College of Dentistry, sont sous la menace de la TEC depuis septembre de l’année dernière suite à des instructions émanant de l’University Grants Commission de l’Inde concernant des irrégularités dans leur affiliation avec des universités indiennes. Elles avaient obtenu un délai d’au moins un mois en vue de régulariser leur situation mais aucun développement n’est intervenu au cours de ces derniers dix mois, d’où l’interdiction décidée par la TEC pour les nouvelles inscriptions universitaires.
D’autre part, la DY Patil Worldwide, société indienne derrière le DY Patil Medical College, installé dans les locaux de l’hôpital Nehru à Rose-Belle, avec pour directeur Raj Bappoo, n’est plus autorisée par la TEC à recruter des étudiants étrangers, particulièrement des Indiens, pour des Postgraduate Programmes en médecine. Cette faculté d’études médicales s’est retrouvée au centre d’une controverse depuis mars dernier avec des dénonciations en règle par des étudiants sur des manquements.
La DY Patil Medical College Saga a provoqué une série d’enquêtes à différents niveaux, dont du ministère de la Santé suite à une décision du conseil des ministres, du Central CID, du Medical Council sur des allégations de pratiques médicales illégales et du comité d’enquête présidé par l’ancien chef juge Arriranga Pillay. À ce jour, les conclusions des différentes enquêtes n’ont pas été rendues publiques ; toutefois, il n’est pas à écarter que l’interdiction frappant le DY Patil Medical College ait pu émaner des observations faites par l’ancien chef juge.
La JSS Academy, dont le diplôme est contesté par le Council of Registered Engineers, n’est pas autorisée à poursuivre son programme universitaire en collaboration avec la Visvesvaraya Technological University de l’Inde. Aucun recrutement de nouveaux étudiants n’est autorisé par la TEC.
De leur côté, la London Graduate School Mauritius et la Spherinity Ltd n’ont plus le droit d’accueillir des étudiants venus de l’étranger sur leur campus sur ordre de la TEC.
Par ailleurs, l’accréditation pour des programmes d’éducation à distance de la London University à The Executive Business and Computational Institute a été retirée par la TEC depuis la semaine dernière. Cet institut tertiaire, situé à Quatre-Bornes, est engagé dans une série de 14 programmes d’études universitaires menant à des diplômes de BSc dans des matières comme la finance, la comptabilité, le droit, l’économie ou encore la gestion des affaires. Les étudiants concernés devront chercher de nouvelles options pour poursuivre leurs études.
Dans des milieux bien informés de la TEC, l’on fait comprendre que cette nouvelle série d’interdictions ne résout nullement le problème qui se pose dans le secteur tertiaire. « Actuellement, il y a au moins un millier d’étudiants qui suivent des cours universitaires ou qui ont décroché des diplômes dans ces institutions faisant partie de la liste rouge de la TEC. Ces diplômes ne sont reconnus que la TEC et par nulle autre autorité académique à l’étranger. Avec ces diplômes, ils ne peuvent se faire inscrire pour des études post-universitaires. Nous avons récemment eu des cas d’objection de l’University of Technology Mauritius contre des diplômes de l’EIILM. La question qui se pose est comment la TEC résoudra l’équation de la non-reconnaissance de ces diplômes », soulignent ces sources dans la conjoncture.